En octobre 1992, Renault dévoile au Mondial de l’Automobile de Paris sa future petite révolution urbaine, la Twingo 1. Cette citadine au design audacieux, au nom inspiré des danses « twist, swing et tango ». Elle se veut une réponse inédite aux besoins des citadins : compacte, colorée, étonnamment modulable et abordable. Elle entre en production au site de Flins dès avril 1993 et sera commercialisée sur les marchés européens puis mondiaux . Renault l’imagine pour proposer une voiture simple à entretenir, pratique au quotidien et économique à l’achat comme à l’usage. Un concept pensé pour la ville qui deviendra emblématique à l’échelle mondiale.

Genèse et lancement

Lancée au printemps 1993, la Twingo Phase 1 est un pari audacieux : un nom issu de Twist, Swing et Tango. Une silhouette monovolume compacte, et une palette de couleurs vives dès le lancement (rouge corail, jaune Indien, vert coriandre, bleu ultramarin). Renault bouscule les codes des citadines en optant pour une architecture intérieure surprenante, avec un tableau de bord central inédit et des sièges arrière coulissants pour prioriser espace ou coffre.

Présentée pour la première fois au Mondial de l’Automobile de Paris en octobre 1992, la Twingo fait sensation. Son design « sourire » tranche avec la production de l’époque, souvent plus sobre et rectiligne. Certains observateurs restent sceptiques devant cette petite auto jugée « trop originale », mais Renault mise sur son caractère innovant pour séduire un public jeune et citadin. Le pari est réussi : dès sa sortie commerciale, les délais d’attente dépassent plusieurs mois.

Profil emblématique de la Twingo Phase 1 : une silhouette courte et arrondie, pensée pour maximiser l’espace intérieur tout en restant ultra-compacte en ville. © Romain Piccolo

Design et architecture intérieure

Dessiné par Patrick Le Quément, le style se distingue par ses formes arrondies, ses phares ronds emblématiques et sa compacité. Seulement 3,433 m de long pour 1,630 m de large et 1,423 m de haut, avec un empattement de 2,340 mm. Pour optimiser l’espace, le coffre va de 168 L à 1 096 L selon la configuration arrière coulissante. Sa maniabilité en ville est accentuée par un rayon de braquage réduit et un poids plume de 855 kg (modèle 1.2 55 ch) à 890 kg selon versions.

L’habitacle est tout aussi novateur. Instrumentation centrale numérique, levier de vitesses en position avancée, banquette arrière coulissante sur 17 cm, plancher plat une fois les sièges rabattus… Des choix qui traduisent une volonté de repenser la petite voiture comme un « salon mobile », modulable et convivial. Renault réussit à concilier compacité extérieure et habitabilité intérieure, une approche rare dans le segment.

Moteurs et transmissions

Initialement équipée du moteur Cléon-Fonte C3G de 1,239 cm³ développant 55 ch (90 Nm) avec 0-100 km/h en 13,4 s et vitesse max de 148 km/h, sa consommation est de 6 L/100 km (16,7 km/L). Ce bloc éprouvé, déjà ancien, a été choisi pour sa robustesse et ses coûts réduits, garantissant une fiabilité exemplaire.

En 1996-1997, retour au moteur D7F de 1 149 cm³ (58 ch, 95 Nm), plus moderne, silencieux et économique, répondant mieux aux normes antipollution. Les versions ultérieures Performance intègrent dès 2001 le D4F 16 V de 1,149 cm³ (75 ch) combiné à la boîte Quickshift (automatisée séquentielle), pour davantage de vivacité, bien que critiqué pour son manque de réactivité.

Côté transmissions, la boîte manuelle à 5 rapports reste la plus répandue. Renault tente toutefois d’innover avec des solutions alternatives :

la boîte automatique Matic à 3 rapports (1996-2000). Destinée à séduire certains marchés urbains mais peu diffusée en raison de son agrément limité.

la version Easy (1994-2000), une boîte manuelle sans pédale d’embrayage, conçue pour faciliter la conduite en ville ;

Évolutions et personnalisation

De petits restylages jalonnent le parcours de cette Phase 1. Preuve que Renault a continuellement cherché à la moderniser tout en préservant son identité :

  • 1994 : introduction de verrous électriques, vitres électriques en option, verrouillage centralisé à distance.
  • 1995-1996 : apparition d’éditions spéciales, arrivée de l’airbag conducteur, adoption du moteur D7F.
  • 1998 : restylage plus marqué avec nouveaux feux, boucliers redessinés, mise à niveau des équipements de sécurité et de confort.
  • 2004 : ajout de baguettes latérales, jantes modernisées et logo Renault central sur le hayon.

Les nombreuses séries limitées (Benetton, Elite, Kenzo, Initiale Paris…) reflètent la volonté de séduire des clientèles variées, de l’étudiant à la citadine chic. La personnalisation devient un atout marketing, renforçant l’image joyeuse et colorée de la Twingo.

Première génération de la Twingo. Avec son regard rond et son design monovolume compact, une silhouette qui a marqué les années 1990. © Romain Piccolo

Succès commercial et impact

Un véritable phénomène. La Twingo s’écoule à 2 478 648 unités produites jusqu’en 2007 en Europe. Puis elle voit sa carrière prolongée en Colombie jusqu’en 2012, portant le total à environ 2,6 millions d’exemplaires. Elle devient rapidement une référence de la citadine astucieuse et abordable.

En France, elle marque une génération entière de conducteurs, souvent la première voiture de nombreux jeunes permis. À l’étranger, elle est particulièrement appréciée en Espagne, en Italie et en Allemagne, où son design décalé séduit.

Héritage et statut aujourd’hui

Aujourd’hui, la Twingo Phase 1 est prisée comme youngtimer accessible et fun. Sa silhouette emblématique, ses moteurs simples et fiables, ainsi que ses nombreuses éditions spéciales sont recherchées par les collectionneurs. Elle bénéficie aussi d’un capital sympathie intact. Son look jovial, sa modularité unique et son rôle pionnier dans l’automobile des années 1990 lui confèrent un statut à part.

Beaucoup considèrent encore que ses atouts — prix contenu, simplicité mécanique, praticité urbaine — n’ont pas été totalement retrouvés dans les générations suivantes. Elle reste ainsi une icône populaire de Renault, au même titre que la 4L ou la R5, symbole d’une époque où l’automobile se voulait accessible, ingénieuse et pleine de personnalité.

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