Ce lundi 23 février, l’équipe Möteur s’est rendue au Sénat pour un colloque sur l’enjeu et les évolutions futures de ces caméras LAPI. On vous explique tout.

C’est quoi les caméras LAPI ?

Les caméras LAPI (Lecture Automatique de Plaque d’Immatriculation) servent à lire les plaques d’immatriculation en temps réel sur les routes et autoroutes.

Aujourd’hui on en retrouve déjà en France, notamment au niveau des péages à flux libre. C’est ce qu’a expliqué Camille Bonenfant-Jeanneney (Présidente des concessions autoroutières d’Eiffage en France). La caméra va scanner votre plaque d’immatriculation. Grâce à ce scan et à une base de données, elle peut déterminer quelle catégorie de véhicules vous avez (motos, poids lourds, voitures).

Par la suite, ce dispositif permettrait d’identifier les véhicules assurés ou non ainsi que de relier ces informations à une base de données pour des enquêtes. Par exemple lorsqu’une voiture est volée.

« Un carrefour stratégique »

C’est ce que déclare le général de division Éric Lamiral. Ici les caméras LAPI pourraient aider trois acteurs principaux.

Tout d’abord la gendarmerie et la police nationale, pour la lutte contre la « délinquance mobile » et le « terrorisme ». Ce système a déjà montré ses preuves, lors des attentats en 2015. En Belgique, il avait permis de retracer la route des terroristes.

Ensuite, il y aurait les douanes pour intercepter et suivre les trafics, notamment lors des passages en flux libres.

Ces caméras aideraient également la justice en fournissant des preuves numériques (photos et horodatages) lors des réquisitions.

Un dispositif contre l’insécurité routière

En France, on compte environ un million de personnes qui circulent sans permis et donc sans assurance. De plus, 7 % des décès sur la route sont causés par des personnes qui ne sont pas assurées et dont deux tiers n’ont pas le permis.

Le système LAPI dans ce cas-là permettrait de cibler les contrôles des gendarmes. Le général Eric Lamal a déclaré :

« Aujourd’hui la gendarmerie fait des « contrôles à l’aveugle », ils se mettent à une barrière de péage et contrôlent les routiers. Grâce à ces caméras, on pourrait optimiser les contrôles suite à la lecture des caméras LAPI. »

Vers un « Maillage Territorial 2.0 »

Ce sont les mots utilisés par le colonel François Hulot (Commandant du groupement de gendarmerie de l’Eure).

Actuellement en France, on compte environ 600 capteurs et 40 % du temps les lectures des plaques d’immatriculation sont erronées. On a un retard sur nos pays voisins. La Belgique compte 5 000 capteurs avec un taux d’erreurs de moins de 5 %.

L’ambition, d’après le général Éric Lamal, serait d’atteindre 15 000 caméras avec le système LAPI sur l’ensemble du territoire français. Cela permettrait de mieux lutter contre la délinquance mobile et pourrait, dans certains cas, exercer un effet dissuasif.

L’enjeu futur est de sécuriser les communications entre ces capteurs pour garantir une transmission directe et protégée des données vers les dossiers nationaux.

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