Paul Ricard, Hockenheim, Imola… Ces circuits historiques de Formule 1 ne figurent pas sur le calendrier de 2026. Ils disparaissent au profit de tracés plus modernes et plus rentables.
Au total, sur les 10 dernières années, six circuits classiques ont laissé place à des Grands Prix plus modernes comme Las Vegas, Miami ou le Qatar. Une dynamique qui s’inscrit dans la volonté de popularisation de la discipline. Le but : toucher un public plus large en s’étendant à des régions susceptibles d’aimer et de faire grandir la Formule 1.
« Si un Grand Prix a cette valeur historique, c’est un plus parmi les éléments à considérer, mais ce n’est pas suffisant. »
Stefano Domenicali, sur Passa Dal BSMT, via autojournal
Les raisons de la disparition
Plusieurs facteurs sont à l’origine du retrait ou du remplacement d’un tracé. Un des facteurs principaux reste l’aspect financier. Le circuit Paul Ricard en est le parfait exemple. Le tracé est retiré en 2023 faute de moyens financiers pour étendre son contrat. Par la suite, Liberty Media, le propriétaire commercial de la F1, finance l’arrivée du circuit de Las Vegas l’année suivante. Greg Maffei, PDG de Liberty Media, affiche son enthousiasme, via The Athletic. Il explique que la F1 « recherchait des revenus lucratifs de la part du Grand Prix de Las Vegas«
Le calendrier étant limité à 24 courses, les organisateurs sont contraints de faire des choix. Le circuit de Madrid, urbain, facile d’accès et situé dans une capitale européenne, coche toutes les cases de la nouvelle image de ce sport. Stefano Domenicali, déclare via formula1.com qu’ »à travers le circuit de Madrid, l’Europe montre qu’elle veut investir en F1″. Il remplace le circuit d’Imola qui est certes, historique, mais moins vendeur et adapté aux nouvelles ambitions de la F1.
Vers un calendrier 100% remanié ?
Les nouveaux Grands Prix tels que Las Vegas, ou Madrid apportent de nouveaux enjeux pour les circuits historiques. Ces nouveaux circuits sont conçus pour le spectacle et la diffusion TV. Lors du lancement du circuit de Las Vegas, Domenicali déclarait : « Las Vegas est une destination incroyable, connue dans le monde entier pour son hospitalité, son divertissement et ses événements majeurs. Il n’y a pas de meilleur endroit pour la Formule 1. » Par cette citation, le PDG de la F1 met en avant le côté show d’un Grand Prix, au détriment d’un attachement historique.
Les circuits classiques s’adaptent, Stuart Pringle, directeur général du circuit de Silverstone, affirme via The Race que « nous devons continuer d’investir dans le circuit, les attentes des fans augmentent chaque année« . Même son de cloche pour Vanessa Maes, CEO du circuit de Spa-Francorchamps, affirmant que son équipe « doit se réinventer chaque année pour rester au calendrier« au micro de la RTBF.
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L’attachement des pilotes et des fans
Malgré les innovations apportées par les nouveaux tracés, ceux-ci n’ont pas encore créé leur histoire, un lien qui peut les rattacher à un public ou un pilote. Certains circuits sont difficilement effaçables du calendrier, au vu de leur lien avec ceux qui les pratiquent. Lewis Hamilton à propos de Silverstone : « C’est est un circuit historique, il devrait toujours être au calendrier« . Max Verstappen, durant la période de doute sur Spa déclarait : « C’est mon circuit favori, ça serait vraiment dommage de le perdre. » Ou encore Fernando Alonso : « Monaco c’est Monaco, tu ne peux pas le remplacer. »
Les fans, eux aussi, militent pour leurs circuits historiques. Durant l’été 2022, Spa était menacé par l’arrivée de nouveaux Grands Prix. Des fans créent une pétition signée par plus de 20 000 personnes et le lancent le #SaveSpa . Même exemple lors des doutes sur l’avenir de Monza après 2025, ou des banderoles « Monza ne doit pas tomber » ont été aperçues en tribunes.
Les circuits à venir
Les futurs circuits de Formule 1 laissent penser qu’un remaniement total du calendrier n’est pas à envisager de sitôt. Dès l’année prochaine, le circuit de Portimão au Portugal fera son retour au calendrier après 5 ans d’absence. Il sera au calendrier pour 2 ans en remplaçant le Grand Prix des Pays-Bas.
D’autres sont encore en discussions, c’est le cas d’Hockenheim absent depuis 2019. John Teske, le nouveau directeur de la piste, déclare à propos d’un potentiel retour en F1 : « Avec l’arrivée d’investisseurs privés et la mise en place de nouvelles structures, nous aurons certainement des opportunités différentes de celles des années précédentes […] La priorité absolue restera d’organiser le Grand Prix de Formule 1 de manière financièrement viable« .









