Des routes de campagne transformées en circuits, des voitures récentes aux véhicules historiques, la saison de la course de côte fait son grand retour dès le week-end prochain. Frisant des virages en pleine montagne, cette discipline donne le frisson à chaque montée. Mais alors, quelle différence avec les autres compétitions ? 

La naissance d’une nouvelle adrénaline 

Tout commence le 31 janvier 1897 à La Turbie, sur la Côte d’Azur, avec nul autre qu’André Michelin. À bord de son véhicule à vapeur, il arpente les 17 km de côte à une moyenne de 30 km/h, une performance pour l’époque. La course de côte est née. Le principe est simple : gravir le plus rapidement possible le tracé arpenté de virages serrés, rapides ou techniques. Ici, pas de circuit permanent, mais une route, départementale ou communale, parfois forestière, fermée pour le week-end. 

© Jennie Lericolais

Conquis, Paul Meyan, figure majeure des débuts de l’automobile en France, organise la seconde grande épreuve à Chanteloup-les-Vignes en 1898. La suite s’étend sur des années, se structurant peu à peu. Avec ses routes vallonnées et son amour pour le sport automobile, la France adopte rapidement cette discipline à l’échelle nationale. Le Championnat de France de la Montagne voit finalement le jour en 1967, dirigé par la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA). 

Plusieurs catégories pour encore plus de frissons

Les voitures sont réparties en groupes, réunissant les meilleurs pilotes de chaque catégorie. On retrouve d’abord les prototypes, souvent les plus rapides. Viennent ensuite les voitures de production, proches de la série, la catégorie la plus souvent représentée. Les voitures dites spécifiques offrent une grande liberté de modification, parfaite pour les ingénieurs et les pilotes. Et enfin, les historiques. Des voitures anciennes, préparées dans le respect de leur époque. 

Une voiture à la fois, seul le chrono compte. Les pilotes sont seuls dans leur baquet face à la montagne. Les épreuves se déroulent du samedi au dimanche, le vendredi étant consacré aux vérifications administratives et techniques. Licence, combinaisons, casques… tout doit être conforme au règlement de la FFSA, sinon pas de départ. Le samedi est réservé aux essais. Toute la journée, les pilotes vont pouvoir faire une à trois montées, chronométrées de manière indicative. Le but ? Mémoriser la route, faire les derniers réglages de la voiture, mais surtout, prendre des repères. 

Le dimanche, l’heure de vérité

Le dimanche, le graal. Plus le temps pour les modifications ou les discussions, il est temps de défier la montagne. Les pilotes disposent de deux à trois montées chronométrées. Selon l’épreuve, la meilleure d’entre elles ou l’addition de toutes est retenue. Le classement n’est jamais figé, et parfois, le podium se joue au millième près. La montagne ne pardonne rien, et le frisson est absolu, jusqu’au dernier moment.  

Une discipline bien ancrée

Depuis des décennies, la discipline a connu de multiples changements. Certains tracés ont disparu, d’autres sont restés, mais la course de côte, elle, ne s’est jamais éteinte. À l’heure où le sport automobile est souvent dominé par la stratégie collective, en course de côte, le pilote reste seul face à la route. Pas de copilote, pas d’oreillette, seule la mémoire et la précision comptent. 

Authentique, la course de côte entretient une proximité rare avec son public. Pas de tribunes, mais des zones spectateurs au plus près de l’action. Les paddocks sont en libre accès tout le week-end, laissant les passionnés s’imprégner des moteurs et approcher les pilotes. Une règle d’or qui explique, encore aujourd’hui, pourquoi les courses de côte continuent de perdurer au fil du temps. 

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