Les 24 h du Mans ont vu de nombreuses innovations et avancées de technologies depuis plus de 100 ans. Lors de l’édition 1991, Mazda s’impose avec sa 787B qui possède un moteur rotatif. Ce sera le premier constructeur japonais à remporter cette course mythique.

C’est quoi un moteur rotatif ?

Pour mieux comprendre pourquoi cet exploit est notable, il faut retourner aux bases. Ici les pistons sont en forme de triangle, contrairement au moteur à combustion interne. La particularité de ces pistons est que dans un moteur rotatif ils suivent un mouvement de rotation continu dans la chambre de combustion.

Comme pour les moteurs à combustion, le moteur rotatif suit quatre étapes :

  • L’admission

C’est quand le mélange air/carburant entre dans la chambre grâce au piston qui redescend.

  • La compression

Le piston remonte et comprime l’air et le carburant.

  • L’explosion

Le piston continue de remonter jusqu’à la bougie d’allumage et une étincelle est créée par celle-ci. Ce qui met feu au mélange air/carburant.

  • L’échappement

Les gaz sont brûlés et partent vers le circuit d’échappement.

Les avantages d’un moteur rotatif sont sa légèreté, sa puissance élevée par rapport à sa taille compacte et il monte plus facilement dans les hauts régimes.

Mais ils présentent aussi des inconvénients comme : la consommation importante d’huile, de même pour le carburant, et on retrouve une usure prématurée des joints d’étanchéité.

Naissance du projet

Mazda, pour les éditions de 1988 et 1989, avait déjà utilisé une première version : la 787. Mais en 1988, Jean-Marie Balestre (président de la FIA) annonce que les moteurs rotatifs seront interdits à partir de l’année 1990.

Mais finalement il donne une année supplémentaire (soit 1991) pour les voitures qui proviennent de la FIA Groupe C. Le règlement handicapera lourdement celles-ci, car il leur impose un poids minimal de 1000 kg, contre 880 kg pour les IMSA-GTP. Pour les nouveaux prototypes du Groupe C avec 3,5 litres de cylindrée, le poids minimal est même de 750 kg. Un défi de taille s’annonce pour le constructeur japonais.

Le directeur de la compétition chez Mazda, Takayoshi Ohasi, réussit à convaincre les organisateurs d’exploiter leur Mazda 787 sous son poids initial de 830 kg.

Lors des 24 h du Mans 1990, les Mazda 787 performent mais manquent encore de fiabilité. Pour la dernière année des moteurs rotatifs, soit en 1991, Mazda apporte une évolution de sa 787. Elle se nomme la787 B.

La marque japonaise modifie le châssis pour apporter des améliorations et fiabiliser leur voiture. Il continue de développer le système d’admission.

Caractéristiques techniques

Voici les caractéristiques de la Mazda 787B :

Type de moteur4 rotors
DispositionCentrale arrière
Cylindrée2616 cm³
Puissance max710 ch à 9000 tr/min
Couple max608 Nm à 6500 tr/min
Type de transmissionPropulsion
Type de boîte de vitessesManuelle à 5 rapports

Le tout pour un poids de seulement 830 kg.

Vainqueur au Mans

Pour l’édition des 24 h du Mans 1991, Mazda engage trois 787 B. Au volant de la Mazda n° 55, on retrouve Volker Weidler, Johnny Herbert et Bertrand Gachot. Mais le constructeur japonais a de nombreux concurrents : trois Sauber-Mercedes C11, quatre Jaguar XJR-12 et quinze Porsche 962.

Mais les problèmes mécaniques auront coûté cher à de nombreux constructeurs, ce qui permettra à Mazda de remporter l’édition 1991 des 24 h du Mans. Elle finira deux tours devant les seconds qui roulaient avec une Jaguar. Leur victoire est mythique et historique car c’est la seule voiture qui a remporté la course avec un moteur rotatif.

En 2011, le pilote britannique Johnny Herbert confie, suite à une commémoration de la victoire de Mazda :

« Nous n’avons pas réalisé d’emblée que nous avions une chance de l’emporter. Puis, au fur et à mesure, nous avons allongé les relais en économisant du carburant, et nous avons gagné »

Elle marque également les fans par son bruit si emblématique.

Auteur

Avatar de Valentin Derancourt

Écrit par :

DERNIERS ARTICLES

En savoir plus sur MÖTEUR

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture