Il y a 50 ans, le 1ᵉʳ août 1976, Niki Lauda était victime d’un accident lors du Grand Prix d’Allemagne, disputé sur la Nordschleife du Nürburgring. Gravement brûlé, il a été transporté à l’hôpital dans un état critique. Pourtant, seulement six semaines plus tard, l’Autrichien retrouvait la compétition à Monza.
En 1976, Niki Lauda est au sommet de sa carrière. Champion du monde en titre avec Ferrari, l’Autrichien réalise un début de saison fort et se montre déjà comme le principal favori à sa propre succession.
Avant le Grand Prix d’Allemagne, dixième manche du championnat, il a déjà cinq victoires et huit podiums en neuf courses. Son avance au classement inquiète ses adversaires et tout particulièrement son principal rival, le Britannique James Hunt chez McLaren.
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Mais à l’approche de la course, ce n’est plus tellement la lutte pour le championnat mais la sécurité du circuit qui inquiète les pilotes.
La Nordschleife du Nürburgring était l’un des tracés les plus redoutables au calendrier. Longue de presque 23 km, avec une centaine de virages, de nombreux changements de dénivelé et des portions très rapides. Les conditions météorologiques annoncées pour le week-end viennent ajouter du doute chez les pilotes.
Plusieurs pilotes, dont Niki Lauda, s’opposent à la mis en place du Grand Prix. Un vote est organisé parmi les acteurs du championnat et la course est finalement maintenue à une seule voix près.
L’édition de 1976 sera la dernière disputée sur la Nordschleife avant le transfert du Grand Prix d’Allemagne à Hockenheim.
Un départ sous la pluie
Le dimanche 1ᵉʳ août 1976, comme annoncé par les prévisions météorologiques, la pluie tombe sur l’Eifel au moment du départ. Les conditions sont particulièrement difficiles et Niki Lauda choisit de prendre de partir avec des pneus pluie. Après un premier tour compliqué, la piste commence néanmoins à sécher assez rapidement. Les pilotes se précipitent alors dans les stands pour mettre des pneus slicks.
Niki Lauda fait donc lui aussi son arrêt et repart dans le peloton. Le pilote Ferrari doit ensuite remonter pour retrouver les hommes de tête. Mais dans son deuxième tour, Niki Lauda perd sa monoplace.
Dans une portion rapide située avant le virage de Bergwerk, la Ferrari 312 T2 quitte brutalement la trajectoire. La monoplace percute violemment le talus situé à l’extérieur de la piste avant de rebondir vers le circuit. Elle revient alors au milieu de la trajectoire et est percutée par plusieurs concurrents lancés à pleine vitesse.
Le choc est violent. Dès le premier impact, le casque de Lauda est arraché et sa Ferrari prend feu. À moitié inconscient, le pilote reste prisonnier de sa monoplace en feu.
Quatre pilotes pour sauver Lauda
Tandis que le brasier s’intensifie, plusieurs pilotes comprennent immédiatement la gravité de la situation. Harald Ertl, Brett Lunger, Guy Edwards et Arturo Merzario immobilisent leurs monoplaces pour secourir leur concurrent.
Les quatre hommes se précipitent vers la Ferrari en flammes. Arturo Merzario parvient finalement à extraire Niki Lauda de la voiture, permettant au pilote autrichien d’être rapidement évacué.
Lauda souffre alors de graves brûlures au visage et aux mains, mais ce sont ses blessures respiratoires qui inquiètent le plus les médecins. Prisonnier de sa voiture en feu, l’Autrichien a inhalé des vapeurs d’essence, des gaz et des fumées toxiques .
Transporté à l’hôpital d’Adenau, son état est jugé extrêmement grave par les médecins. Un prêtre est même appelé à son chevet pour lui administrer les derniers sacrements.
Le monde du sport automobile ignoré alors que le champion du monde était loin de renoncer à la compétition.
Après plusieurs interventions chirurgicales, dont des greffes de peau, Lauda commence sa convalescence. Pendant ce temps. James Hunt reprend des points au championnat et relance complètement la saison.
Trente-sept jours après le drame, Niki Lauda revient
Même si son accident aurait pu mettre un terme à sa carrière, Niki Lauda surprend par la rapidité de son retour. Il manque seulement deux Grands Prix et se présente au départ de l’épreuve suivante, à Monza, 37 jours après son accident.
Le pilote Ferrari est encore marqué physiquement par son accident. Mais malgré son état, il reprend le volant de sa monoplace.
Son retour est immédiatement considéré comme un exploit. L’Autrichien termine le Grand Prix d’Italie à la quatrième place, un résultat qui lui permet de rester dans la course au titre. James Hunt, qui a pu revenir au classement grâce à l’absence de son rival, est désormais beaucoup plus proche du leader du championnat.
Hunt s’impose au Canada puis aux États-Unis et revient progressivement sur Niki Lauda. Avant la dernière course de la saison, les deux pilotes ont seulement trois points d’écart.
Le titre échappe finalement à Niki Lauda
La dernière manche du championnat se déroule à Fuji, au Japon, dans des conditions météorologiques là encore difficiles. La pluie tombe sur le circuit et rend la piste dangereuse.
Lauda décide alors de ne pas prendre de risque supplémentaire. Il abandonne dès les premiers tours, estimant que les conditions ne lui permettent pas de poursuivre la course en sécurité. James Hunt doit ainsi espérer terminer troisième pour dépasser son rival au championnat.
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Malgré l’absence de l’Autrichien, la course du Britannique reste quand même compliquée. Une crevaison le fait reculer au classement, mais Hunt parvient finalement à remonter jusqu’à la troisième place dans le dernier tour. Ce résultat lui suffit pour devenir champion du monde avec un seul point d’avance sur Lauda.
Le pilote Ferrari perd donc son titre quelques semaines seulement après avoir survécu à l’un des accidents les plus graves de l’histoire de la Formule 1.
Lauda ne tardera pas à prendre sa revanche, puisque dès la saison suivante, il remporte son deuxième championnat du monde avec Ferrari.
Malgré tout, l’accident du 1ᵉʳ août 1976 n’aura donc pas mis fin à la carrière de Niki Lauda. Son accident est devenu l’un des épisodes les plus marquants de son parcours et a contribué à construire la légende du triple champion du monde. 50 ans plus tard, le souvenir de l’image de la Ferrari en flammes sur la Nordschleife reste indissociable de l’histoire de la F1.








