Depuis son inauguration en 1948, le circuit de Zandvoort accueille les plus grandes compétitions automobiles aux Pays-Bas. De retour en Formule 1 depuis 2021, le tracé néerlandais doit maintenant s’adapter aux nouvelles voitures. Ce qui pourrait modifier son approche technique et les stratégies des équipes.
De ses débuts dans les dunes néerlandaises à son retour au calendrier en 2021, Zandvoort a connu de nombreuses transformations. Son tracé court, ses virages relevés et ses portions rapides en font aujourd’hui un circuit à part dans le calendrier. Avec l’arrivée de la réglementation 2026, le Grand Prix des Pays-Bas pourrait bien représenter un défi pour les équipes.
Zandvoort : un circuit né dans les dunes
L’histoire de Zandvoort avec le sport automobile remonte à 1939. Une première course est alors organisée sur un circuit urbain provisoire, avant que le projet d’un tracé permanent voie le jour après la Seconde Guerre mondiale. Le circuit est ensuite officiellement inauguré le 7 août 1948, dans les dunes situées au bord de la mer du Nord.
Quelques années plus tard, Zandvoort entre dans l’histoire de la Formule 1. Le Grand Prix des Pays-Bas rejoint le Championnat du monde en 1952 et devient rapidement un rendez-vous important du calendrier. De grands noms de la discipline s’y imposent au fil des décennies, de Juan Manuel Fangio à Jackie Stewart, en passant par Jim Clark. Ce dernier reste le détenteur du record de victoires sur le circuit avec quatre succès.
Mais malheureusement, l’histoire de Zandvoort est également marquée par plusieurs accidents mortels. Les décès de Piers Courage en 1970 et de Roger Williamson en 1973 ont rappelé les risques auxquels les pilotes étaient confrontés à cette époque. Les questions de sécurité sont devenues un sujet plus central et ont participé aux transformations du circuit.
Après une dernière édition remportée par Niki Lauda en 1985, la Formule 1 quitte Zandvoort. Le circuit plonge dans plusieurs années difficiles et son tracé est beaucoup modifié. Une partie de l’ancien circuit disparaît, avant que le site retrouve petit à petit une place sur la scène internationale grâce, notamment, aux compétitions de Formule 3 et de tourisme.
Le retour de la F1 et la « Fête Orange »
Le retour du Grand Prix des Pays-Bas est officiellement annoncé en 2019, avec une première course prévue en 2020. Pour accueillir de nouveau la Formule 1, Zandvoort doit subir d’importants travaux afin d’obtenir l’accord.
Deux virages sont particulièrement transformés. Le Hugenholtzbocht, troisième virage du tracé, est entièrement remodelé et reçoit un banking pouvant atteindre 18 degrés. Le dernier virage, désormais baptisé Arie Luyendykbocht en hommage au double vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis, devient lui aussi beaucoup plus relevé.
Ces modifications doivent permettre aux monoplaces de conserver davantage de vitesse dans les virages et d’arriver plus rapidement sur la ligne droite des stands. Le dernier virage joue d’ailleurs un gros rôle dans les batailles en piste. Il favorise en effet l’aspiration avant le freinage de Tarzan.
La pandémie de Covid-19 repousse finalement le retour de la F1 d’une année. Le 5 septembre 2021, Zandvoort accueille enfin son premier Grand Prix depuis 1985. Pour son retour, le circuit peut compter sur un public particulièrement enthousiaste, venu soutenir le pilote néerlandais, Max Verstappen. Le Néerlandais remporte cette première édition moderne et transforme rapidement le rendez-vous en véritable « Fête Orange ».
Un tracé court mais exigeant
Avec ses 4,259 kilomètres et ses 14 virages, Zandvoort est l’un des circuits les plus courts du calendrier de la Formule 1. Mais sa petite longueur ne veut pas qu’il est facile à maîtriser pour autant.
Le tracé traverse les dunes et présente de nombreux changements de dénivelé. Les pilotes doivent tout le temps composer avec des virages rapides et des portions où la visibilité est limitée. Le Scheivlak, par exemple, est l’un des virages les plus réputés du circuit. Abordé à haute vitesse, ce passage en dévers demande beaucoup de précision.
Le Tarzanbocht reste quand même le virage le plus emblématique de Zandvoort. Situé au bout de la ligne droite des stands, ce virage à 180 degrés constitue l’une des principales opportunités de dépassement. Sa largeur et sa zone de freinage permettent aux pilotes de tenter des attaques, mais la moindre erreur peut rapidement coûter cher.
Le Hugenholtzbocht et l’Arie Luyendykbocht apportent, eux, une particularité devenue rare en Formule 1 moderne : les virages fortement relevés. Avec leur banking, ils permettent aux pilotes d’emprunter plusieurs trajectoires et de maintenir une vitesse élevée. Cette configuration peut également jouer un rôle dans les possibilités de dépassement et dans la gestion de l’aspiration.
Un circuit où l’aérodynamique est essentielle
La particularité de Zandvoort ne repose pas uniquement sur ses virages relevés. Le tracé impose également un compromis technique compliqué aux équipes.
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Les nombreuses courbes rapides demandent généralement un niveau d’appui aérodynamique important pour permettre aux pilotes de conserver de la vitesse et de rester précis. À l’inverse, les portions rapides et la ligne droite des stands récompensent une voiture capable de limiter sa traînée.
Ce compromis devient assez intéressant avec la réglementation 2026. Les nouvelles monoplaces disposent d’une aérodynamique active et d’un nouveau système destiné à améliorer les performances en ligne droite. Le traditionnel DRS a disparu au profit de nouveaux modes de fonctionnement permettant de modifier le comportement aérodynamique de la voiture selon les phases du tour.
À Zandvoort, cette évolution pourrait modifier la manière dont les pilotes abordent les principales zones de bataille. Le circuit reste naturellement favorable aux voitures capables de générer suffisamment d’appui dans les enchaînements rapides, mais la nouvelle réglementation va aussi renforcer l’importance de la gestion de l’énergie et de la vitesse en ligne droite.









