La France a eu la 2Cv, l’Italie la Fiat 500 et le Royaume Unies la Mini. Icône non pas seulement d’une époque, mais d’un pays. Crée en 1959 par la British Motor Corporation, la Mini va bouleverser l’histoire de l’automobile. Économique, pratique et belle, elle a été produite à plus de 5,3 millions d’exemplaires. Un succès qui a traversé les décennies, quatre pour être précis, jusqu’en 2000. Une carrière étonnamment longue, et une renaissance en 2001 avec la Mini II.
Avec une conception archaïque, cette légende continue d’attirer les amateurs pour son authenticité.

Vous êtes en 1956, l’embargo sur le canal de Suez fait monter le prix de l’essence. La crise n’empêche pas les besoins de mobilité. On est lendemain de la Seconde Guerre mondiale et le pays est déchiré par les stigmates du conflit. Il faut trouver une solution abordable, raisonnable et facile à produire. Sir Leonard Lord, responsable de la British Motor Corporation (BMC) demande à Alec Issigonis, Lam et Laurence Pomeroy de concevoir une nouvelle voiture économique. Depuis Longbridg le projet « ADO15 » pour « Austin Drawing Office project number 15 » prend forme.
Le défi : caser quatre places confortables et un moteur dans moins de trois mètres.
Issigonis relève le pari avec brio en créant la Mini, au design audacieux et à la technologie novatrice, moteur transversal et traction avant.

« Je voulais construire une voiture pour le peuple, simple, pratique et joyeuse », déclarait Alec Issigonis, en 1959. (AUTOCAR)

Une référence des années 60

C’est dans une Angleterre en pleine ébullition dans les années 1960, marquée par la jeunesse, la musique et la mode, qu’une petite voiture allait devenir bien plus qu’un simple moyen de transport : la Mini Austin. Symbole d’audace et de liberté, elle a su incarner à elle seule l’esprit d’une décennie en pleine révolution culturelle.


Le modèle Austin Seven/Mini, était proposé à environ £496 19 s 2d pour la version standard. En comparaison, la Ford Anglia 105E lancée elle aussi vers 1959 avait un prix catalogue d’environ £589 0s 11d pour la version « standard » en septembre 1959. Soit £12 400 à £14 900 pour l’anglaise et £14 700 à £17 700 pour l’américaine.

Plus qu’une voiture, elle incarne un mode de vie. Elle symbolise la démocratisation du plaisir automobile et l’insouciance d’une génération qui découvre la liberté au volant. À l’image de la Coccinelle.

Une légende du sport

Elle est petite, légère avec un moteur rageur. Un combo parfait pour le rallye. C’est John Cooper (oui c’est de lui que vient le Cooper encore présente chez Mini), coureur automobile et ami d’Issigonis qui a voulu la faire évoluer vers une voiture de sport. Il améliore la puissance moteur et la suspension, pour crée la Mini Cooper.

Les exploits ne tardent pas : en 1964, 1965 et 1967, la Mini Cooper S remporte le Rallye de Monte-Carlo, défiant les puissantes voitures de sport de l’époque. Porsche 904 Carrera GTS, Opel Kadett ou Ford Taunus.

© Romain Piccolo

Sa légèreté, sa maniabilité et sa motricité impressionnante en font une concurrente redoutée, capable de triompher là où les autres s’embourbent. Même lorsqu’elle est disqualifiée en 1966 pour un détail technique controversé, la Mini sort victorieuse dans le cœur du public.

Ces succès en compétition forgent sa légende. La Mini n’est plus seulement une voiture pratique et branchée : elle devient un symbole de performance et de détermination, la preuve qu’avec du génie et de la passion, les petits peuvent battre les grands.

La fin d’une époque

Royaume-Uni, octobre 2000. Sur les chaînes de Longbridge, la dernière Mini classique quitte lentement la ligne de production. Après plus de quarante ans d’une carrière ininterrompue, la petite voiture qui symbolisa toute une époque tire sa révérence.

Entre 1970 et 2000 la Mini a continuer d’exister mais avec une carrière mouvementer. En 1969, la Mini perd son statut de marque autonome pour devenir un modèle intégré à la British Leyland Motor Corporation (BLMC), un conglomérat regroupant Austin, Morris, Triumph et Rover. Ce géant industriel, miné par les grèves, les difficultés financières et les erreurs de gestion, peine à innover. La Mini, malgré son succès populaire, ne rapporte plus beaucoup d’argent : sa conception ingénieuse mais coûteuse laisse peu de marge bénéficiaire.

© Romain Piccolo

Les années 1970 voient apparaître plusieurs déclinaisons (Clubman, 1275 GT, Mini Van, Pick-up, Estate), mais l’essentiel de la voiture reste inchangé. La Mini ne bénéficie pas d’un véritable successeur, car British Leyland ne parvient pas à stabiliser sa stratégie.
Malgré tout, le charme opère encore : compacte, vive, économique, la Mini reste la préférée des jeunes conducteurs et des citadins.

Dans les années 1990, la Mini survit grâce à Rover Group, qui tente de moderniser son image. De petites améliorations sont apportées : moteurs plus propres, habitacle revu, équipements mieux intégrés. Mais le modèle reste fondamentalement celui de 1959.

En 1994, le rachat de Rover Group par BMW scella son destin : la Mini classique ne pouvait plus survivre face aux normes modernes de sécurité et d’émissions. Le 4 octobre 2000, la dernière Mini sortit des ateliers, signant la fin d’une ère. Plus de 5,3 millions d’exemplaires avaient été produits.

© Romain Piccolo

L’héritage et postérité

Mini aurait pu mourir et devenir une légende éteinte de l’automobile. Mais BMW en a décider autrement. Dès 2001, la marque allemande lança la nouvelle MINI, un hommage contemporain à l’originale. Aujourd’hui encore, la MINI moderne revendique cet héritage tout en évoluant avec son temps : versions électriques, éditions spéciales, et un design toujours inspiré de la silhouette culte de 1959.

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