Elles se baptisent les “caméras LAPI” et pourraient bientôt scanner votre plaque d’immatriculation pour savoir si celle-ci est assurée ou non. On vous explique tout sur Möteur.
Le Sénat français a donc adopté en décembre 2025 une proposition de loi modifiant l’usage des systèmes de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI), utilisés avec des caméras de vidéoprotection pour identifier et suivre des véhicules. On vous explique.
C’est quoi concrétement ?
Une caméra LAPI est un dispositif capable de détecter, lire et analyser automatiquement les plaques d’immatriculation des véhicules circulant ou stationnés.
Contrairement à une caméra de vidéosurveillance classique, la LAPI ne se contente pas de filmer : elle transforme l’image en donnée exploitable, grâce à des algorithmes de reconnaissance optique de caractère (OCR).
Les informations collectées peuvent donc inclure :
- le numéro de plaque,
- la date et l’heure de passage,
- la localisation,
- parfois le sens de circulation ou le type de véhicule.
Leur utilisation pourrait ainsi être étendue à plusieurs autres délits, comme :
- la soustraction de mineur,
- le vol aggravé,
- l’escroquerie,
- l’évasion,
- l’aide à l’entrée ou au séjour irrégulier.
Un outil devenu central pour les forces de sécurité
Initialement déployées pour lutter contre le vol de véhicules, les caméras LAPI ont donc vu leurs usages s’élargir. Elles sont aujourd’hui utilisées pour repérer des véhicules recherchés, appuyer des enquêtes judiciaires, sécuriser des événements, ou encore contrôler l’accès à certaines zones réglementées.
Pour les forces de l’ordre, elles représentent un gain de temps opérationnel et une capacité de ciblage sans équivalent.
Le texte initial prévoyait qu’à partir de 2028, toutes les caméras de vidéoprotection publiques intègrent un dispositif LAPI. Cette obligation a été supprimée. À la place, la commission a ainsi instauré un système de conventionnement : les collectivités territoriales pourront choisir d’intégrer ou non des LAPI, via des accords avec les forces de l’ordre.
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Conservation des données plus longue
Les images et données sont ainsi actuellement conservées environ 15 jours. Le texte propose donc de porter ce délai à 12 mois, avec des règles d’accès différentes selon la période :
- 30 premiers jours : accès libre pour les forces de l’ordre.
- Après 30 jours : consultation seulement avec autorisation judiciaire.
Le Sénat s’empare du sujet
Le Sénat envisage aussi que toutes les caméras de vidéosurveillance installées dès 2028 soient équipées de LAPI. Ce qui ferait passer le nombre de dispositifs de quelques centaines à plusieurs milliers.
C’est donc dans ce contexte qu’un colloque consacré aux caméras LAPI se tient le 23 février 2026 au Palais du Luxembourg. Objectif : réfléchir aux perspectives de développement et d’encadrement de la technologie après l’adoption récente d’un texte au Sénat.









