Juan Manuel Fangio, Stirling Moss, Nico Rosberg, Lewis Hamilton, Valtteri Bottas, George Russell et désormais Andrea Kimi Antonelli. Sept pilotes ont inscrit leur nom au palmarès de Mercedes en Formule 1. Retour sur les victoires et les hommes qui ont façonné l’histoire des Flèches d’Argent, de 1954 à aujourd’hui.
En remportant le Grand Prix de Chine 2026, Andrea Kimi Antonelli rejoint le cercle très fermé des pilotes de F1 vainqueurs aux couleurs de Mercedes. Depuis les débuts en 1950 des Flèches d’Argent jusqu’à aujourd’hui, sept ont porté les couleurs sur la plus haute marche du podium. Retour sur ceux qui ont marqué l’histoire de la marque à l’étoile.
Juan Manuel Fangio, premier héros des Flèches d’Argent (1954-1955)
En 1954, Mercedes participe à son tout premier championnat du monde de Formule 1. Il accueille alors le champion du monde de 1951, Juan Manuel Fangio.
Lorsque le pilote argentin arrive dans l’écurie allemande, les voitures ne sont pas encore prêtes. Il faut attendre la troisième course de la saison, en France, pour que les W196 entrent en piste. Avec des voitures dominantes et un pilote d’une renommée comme Juan Manuel Fangio, la première victoire ne se fait pas attendre. Dès le Grand Prix de France, l’Argentin enchaîne le meilleur tour, la pole position et la victoire. Cette première année est couronnée de succès. Quatre victoires avec la W196 sur les 9 courses de la saison. Fangio remporte son deuxième titre mondial devant les pilotes Ferrari.
Mercedes reste l’écurie dominante en 1955. Le champion du monde continue sur sa lancée avec un troisième titre, le deuxième chez Mercedes. Il remporte quatre des sept courses de la saison, mais Mercedes se retire.
L’écurie est touchée par l’accident des 24h du Mans 1955 qui a causé la mort de 80 personnes. Une de leurs voitures a causé la majorité des victimes. La firme allemande décide alors d’arrêter toutes courses automobiles, obligeant Juan Manuel Fangio à changer d’écurie en 1956. Par la suite, il gagnera un total de cinq couronnes.
À lire aussi : C’est quoi le Super Clipping qui fait débat en F1 cette année ?
Stirling Moss, le roi sans couronne (1955)
Connu pour être un des pilotes les plus doués sans jamais avoir eu la chance d’être titré, Stirling Moss rejoint Mercedes en 1955 au côté de Juan Manuel Fangio. Avec la W196, les pilotes survolent la saison. Face à son coéquipier, il est difficile de prendre le dessus.
Sur les six courses que comptait la saison à l’époque, le Britannique remporte sa première victoire à Aintree, chez lui, pour le Grand Prix de Grande-Bretagne. Sur la saison, il compte deux podiums et une quatrième place qui lui permet de décrocher la deuxième position au classement.
Avec le départ de Mercedes, Stirling Moss continue sa carrière chez Maserati et termine au total à quatre reprises à la deuxième place du championnat.
Nico Rosberg (2010-2016)
Après avoir retrouvé les circuits en tant que motoriste, l’écurie reprend son rôle de constructeur en 2010. Pour ce retour, deux Allemands prennent le volant des W01 : Nico Rosberg et Michael Schumacher.
Le premier est le fils du champion du monde Keke Rosberg. Le second, septuple champion du monde, sort de sa retraite. Et pourtant, Nico Rosberg marquera l’histoire de Mercedes. Face au Baron Rouge, le futur champion du monde ne s’incline pas et décroche les trois premiers podiums de Mercedes depuis son retour. Il faut attendre 2012, sur le circuit de Shanghai, pour que celui-ci décroche sa première pole position puis sa première victoire le lendemain.
En 2013, il est rejoint par son ami d’enfance, Lewis Hamilton. Ensemble, ils marqueront l’histoire de Mercedes par leur rivalité.
Avec les nouvelles réglementations qui arrivent l’année d’après, Mercedes détient la voiture la plus performante du plateau. L’Allemand s’impose à cinq reprises et part en pole 11 fois. Néanmoins, il s’incline au championnat face à son coéquipier. La même chose se produit en 2015. Malgré six départs en tête et le même nombre de victoires, il termine vice-champion, une nouvelle fois derrière Lewis Hamilton.
Mais, en 2016, c’est l’année de gloire. Nico Rosberg s’impose lors des quatre premiers Grands Prix de la saison. Avec une rivalité de plus en plus visible entre les deux amis, un premier accident entre les deux survient en Espagne, puis au Canada et en Autriche.
Malgré tout, Rosberg continue la saison avec trois nouvelles victoires : Monza, Singapour et la Malaisie. Mercedes conclut la saison avec cinq doublés. Nico Rosberg remporte le Grand Prix du Japon mais termine les quatre dernières courses à la deuxième position. Cependant, sa régularité lors de la saison lui permet de remporter le championnat à seulement cinq points devant son coéquipier.
Le nouveau champion du monde annonce sa retraite lors de la remise des trophées de la FIA, fatigué par la rivalité en piste face à Lewis Hamilton.
Il aura ajouté au palmarès de Mercedes 23 nouvelles victoires et un championnat du monde pilote.
À lire aussi : Quels motoristes développent les moteurs de 2026 ?
Lewis Hamilton (2013-2024)
Après quatre ans au sein de McLaren, Lewis Hamilton se laisse tenter par l’aventure Mercedes. Déjà champion du monde en 2008, il rencontre Niki Lauda, président non exécutif du constructeur allemand. Avec son ambition et ses arguments, le triple champion du monde convainc le Britannique de rejoindre l’écurie. Aujourd’hui, l’histoire des Flèches d’Argent est indissociable de celle du septuple champion du monde.
Aux côtés de Nico Rosberg, son ami d’enfance, l’ancien pilote McLaren brille dès sa première saison. Il se classe dans les trois premiers à cinq reprises, dont une victoire en Hongrie. La Red Bull de Sebastian Vettel est encore trop forte pour espérer jouer le titre. Patience, la réglementation de 2014 classe les Mercedes en favorites pour le championnat. La firme allemande domine l’ère hybride et offre à Lewis Hamilton de quoi se positionner dans la course au sacre. Face à son coéquipier, le natif de Stevenage s’impose. 11 victoires sur 19 courses, il s’offre une première couronne aux couleurs Mercedes.
Déjà double champion du monde, le prodige britannique ne compte pas s’arrêter là. Un troisième titre mondial l’attend l’année d’après, où il ajoute 11 nouvelles victoires à son palmarès. Mais la relation entre les deux coéquipiers se dégrade. En 2016, la lutte pour le championnat devient compliquée. Il faut attendre la sixième course de la saison pour le voir au sommet, à Monaco.
En Belgique, une pénalité moteur le contraint de partir à la 21e position, il finit par décrocher la troisième place et malgré 16 podiums dont une dizaine de victoires, il s’incline au championnat face à Nico Rosberg. Son abandon en Malaisie à cause d’un problème moteur est souvent décrit comme l’incident qui lui fait perdre le championnat.
Néanmoins, l’aventure est encore loin d’être terminée. Aux côtés de Valtteri Bottas, le vice-champion 2016, il doit maintenant se battre face à Sebastian Vettel, maintenant pilote Ferrari. Au Canada, il signe sa 65e pole, à hauteur du record de son idole Ayrton Senna. Quelques semaines plus tard, il rejoint Michael Schumacher avec un 68e départ en tête.
Une nouvelle fois, le Britannique est titré, cette fois-ci aux États-Unis, la quatrième fois de sa carrière.
Une nouvelle fois face au pilote Ferrari en 2018, Lewis Hamilton est finalement titré au Mexique après neuf victoires, il en remportera deux autres après son titre. La tendance ne change pas l’année d’après, il survole le championnat avec 11 victoires et coiffe le championnat à trois courses de la fin, à Mexico.
La saison 2020 est marquée par la pandémie mondiale, malgré une course d’absence à Sakhir, le champion du monde remporte 11 des 16 courses auxquelles il participe. Il s’empare du titre, égalant le record de Michael Schumacher. Avec sept titres à son palmarès, il doit affronter Max Verstappen en 2021. Au terme d’une saison épique, les deux pilotes se disputent le titre sur le dernier Grand Prix à Abu Dhabi, à égalité de points.
Sur le chemin pour s’emparer d’un huitième sacre, une voiture de sécurité lors des derniers tours de course donne l’avantage au pilote Red Bull qui le dépasse lors du dernier tour. Lewis Hamilton perd le titre. Par la suite, il ne connaîtra pas la victoire avant 2024, à Silverstone, 2 ans, 7 mois et 2 jours après sa dernière lors du Grand Prix d’Arabie saoudite 2021. Il remporte une dernière victoire pour Mercedes à Spa-Francorchamps après la disqualification de George Russell, son coéquipier.
Lewis Hamilton prend la décision de partir chez Ferrari en 2025, laissant une trace indélébile dans l’histoire de Mercedes. Là-bas, il aura remporté 84 des 133 victoires de l’écurie et ajouté six titres pilotes. Le Britannique aura aidé l’écurie à remporter ses huit titres de constructeur de 2014 jusqu’à 2021.
À lire aussi : Ferrari : le retour à l’heure de gloire ?
Valtteri Bottas (2017-2021)
Après trois saisons chez Williams, Valtteri Bottas reçoit l’appel de Mercedes en décembre 2016. L’écurie allemande doit réagir vite après la retraite inattendue de Nico Rosberg, annoncée lors de la remise des trophées. Le Finlandais épaulera Lewis Hamilton au championnat jusqu’en 2021.
La réponse est immédiate. Il monte sur le podium dès sa première course, décroche la pole position à Bahreïn, puis une première victoire en Russie. Régulier et solide, il finit sa première saison chez Mercedes à la troisième place du championnat.
Mais au sein de l’écurie allemande, le rôle est défini. En 2018, à Sotchi, il doit céder la victoire sur consigne d’équipe à Lewis Hamilton, en lutte pour le championnat. Valtteri Bottas rebondit dès la saison suivante. Il retrouve la plus haute marche du podium à quatre reprises et s’installe comme le seul pouvant rivaliser avec son coéquipier, terminant vice-champion du monde en 2019.
Malgré une saison 2020 bouleversée par la pandémie de COVID-19, le Finlandais enchaîne les podiums et reste un atout clé dans la conquête du titre de constructeur. Pour sa dernière année au sein de l’écurie allemande, en 2021, Valtteri Bottas s’offre une victoire en Turquie, conclue par un week-end parfait. Il cède finalement son baquet à George Russell en 2022, après cinq saisons passées dans l’ombre de Lewis Hamilton.
Le pilote finlandais aura ajouté 10 victoires au palmarès de Mercedes, 20 pôles positions et aura permis à l’écurie de gagner cinq championnats constructeurs.
À lire aussi : Max Verstappen au départ des 24h du Nürburgring
George Russell, “Monsieur Régularité” (2022-Aujourd’hui)
Pilote essayeur chez Mercedes en 2017, George Russell est déjà soutenu par l’écurie allemande lors de ses saisons en GP3 et en GP2. Il remporte les deux championnats avant d’accéder à la Formule 1 en 2019. Le jeune pilote décroche alors un baquet chez Williams, jugé encore trop jeune pour débuter chez Mercedes.
Mais le Britannique peut prouver sa valeur aux yeux de l’équipe de Brackley en 2020, alors que le monde est frappé par la pandémie du Covid-19. Lewis Hamilton ne peut pas prendre le départ du Grand Prix de Sakhir. Le pilote Williams doit donc le remplacer au dernier moment. Se qualifiant à 26 millièmes de secondes de Valtteri Bottas, il prend la tête au départ et mène la course durant 59 tours. Une erreur lors de l’arrêt au stand de la part de l’équipe lui fait terminer la course à la 9e place. Il marque ainsi ses premiers points dans le championnat.
Titularisé en 2022, aux côtés de Lewis Hamilton, il devient Monsieur Régularité en terminant dans les cinq premiers à 15 reprises lors des 16 premières courses de la saison. Décrochant la 136e pole de l’écurie en Hongrie et la première pour le Britannique, il finit par s’imposer pour la première fois à São Paulo, la seule victoire de l’année pour Mercedes.
L’année 2023 est compliquée à bord de la W14. George Russell monte à deux reprises sur le podium avant de s’imposer l’année d’après en Autriche et à Las Vegas. L’année 2025 fut aussi fructueuse, lui offrant deux nouvelles victoires, au Canada et à Singapour.
Pour la saison 2026, George Russell est favori. Toujours fidèle aux Flèches d’Argent, il remporte le Grand Prix d’Australie, la course sprint en Chine et termine deuxième du Grand Prix sur le circuit de Shanghai. Le pilote britannique pointe en tête du championnat avec 51 points, juste devant son coéquipier Kimi Antonelli.
Andrea Kimi Antonelli, le plus jeune vainqueur Mercedes (2025-Aujourd’hui)
En arrivant chez Mercedes en 2025, le pilote italien doit assumer la succession de Lewis Hamilton. Jugé trop jeune pour une écurie du niveau de Mercedes par les médias, Toto Wolff a pourtant confiance en son protégé.
Soutenu par la firme allemande depuis 2019, alors que celui-ci n’avait que 13 ans, Kimi Antonelli arrive en Formule 2. L’année d’avant, il remporte la Formule Régionale et ne passe pas par la case de la Formule 3. Malgré des résultats mitigés, il est choisi en tant que titulaire aux côtés de George Russell pour 2025.
Dès son premier Grand Prix, il termine au pied du podium, à la quatrième place. Au Japon, il mène la course pendant dix tours et devient le plus jeune pilote de l’histoire à mener un Grand Prix à 18 ans et 224 jours.
Lors de la sixième course, à Miami, il décroche la pole position de la course sprint, devenant, une nouvelle fois, le plus jeune pilote à s’élancer en tête d’une course. Il faudra attendre le Grand Prix du Canada pour qu’il puisse monter sur son premier podium à la troisième position. Il finit la saison en remontant sur le podium au Brésil et à Las Vegas, terminant sa première année en Formule 1 à la septième place du championnat.
Pour la saison 2026, le jeune prodige est parmi les favoris. Il termine deuxième pour la manche d’ouverture en Australie derrière George Russell.
Pour la deuxième course de la saison, il décroche la pole position le samedi. L’Italien devient une nouvelle fois le plus jeune pilote à partir en tête d’un Grand Prix. Après une course parfaitement exécutée, il franchit le drapeau à damier, devenant le 116e pilote vainqueur de Grand Prix et le septième pour Mercedes.









