La saison 2026 marque un tournant majeur en Formule 1 avec une nouvelle génération d’unités de puissance. Entre l’arrivée officielle d’Audi en F1 et la transformation de Red Bull avec Ford en motoristes de F1, on fait le point sur les constructeurs de moteurs de la grille.

Audi, le nouveau défi

La marque allemande prend officiellement ses marques dans le championnat. Nouvelle écurie après le rachat de Sauber, c’est en 2022 qu’elle annonce son arrivée pour 2026 parmi les motoristes en F1.

Mais Audi n’est pas venu sans connaissances. Depuis 2023, Neel Jani, pilote simulateur, s’occupe du développement du moteur. Avec le savoir-faire de Volkswagen, leur expérience aux 24 Heures du Mans et dans le championnat de Formule E. La première unité de puissance est conçue avec un effort particulier sur la batterie et la récupération d’énergie, essentielle dans cette nouvelle ère.

La marque aux anneaux développe l’unité de puissance à Neubourg-sur-le-Danube. Là-bas se trouve le siège d’Audi Formula Racing GmbH, créé pour diriger le projet de motorisation. C’est la première écurie qui conçoit ses unités de puissance en Allemagne depuis une décennie. Mercedes les concevant à Brixworth, dans le Northamptonshire.

Dans l’usine située en région de Bavière, le banc d’essai et le motopropulseur complet y sont conçus, testés et construits, c’est-à-dire la boîte de vitesses, le moteur et la batterie.

Mattia Binotto, ancien Team Principal de Ferrari, supervise le programme F1 d’Audi. À ne pas confondre avec Jonathan Wheatley, qui occupe le poste de Team Principal de l’écurie.

L’AFR 26 Hybrid est donc un premier test pour Audi. L’écurie a déjà commencé à prendre ses marques les années précédentes auprès de Sauber. Si celle-ci était peu performante dans son ancienne version, en 2026 les résultats sont déjà visibles. Une qualification aux 10e et 11e places en Australie et les premiers points marqués par Gabriele Bortoleto à la 8e position laissent présager, pour cette nouvelle écurie, une année positive bien que le week-end en Chine ait été plus compliqué.

Red Bull PowerTrains Ford, les premiers moteurs à Milton Keynes

Une grande nouveauté : Red Bull devient un des motoristes en F1. Créée en 2021 après l’annonce du retrait de Honda, l’entité de Red Bull avait pour projet de racheter et d’entretenir les moteurs elle-même. Officiellement, le nom des moteurs utilisés était les Honda RBPT. Mais ils restaient entièrement conçus par la marque japonaise, qui est finalement restée à leurs côtés jusqu’en 2025.

En 2023, Red Bull annonce le retour de Ford après 23 ans d’absence en Formule 1. À leurs côtés, l’écurie aux taureaux ailés conçoit pour la première fois ses moteurs à Milton Keynes. Ce qui devait être un simple soutien financier et une expertise sur les composants électriques devient un véritable partenariat. Celui-ci s’étend au-delà de la F1 avec le Dakar, le WRC ou encore la NASCAR. Les ingénieurs de Ford viennent donc renforcer l’équipe pour le développement du groupe motopropulseur, des logiciels de gestion moteur et de l’analyse de données.

Grâce à Red Bull PowerTrains, l’écurie n’est pas juste une cliente. Elle devient un motoriste à part entière avec le soutien de Ford. Les moteurs sont développés pour permettre à chaque groupe motopropulseur de fonctionner parfaitement avec le reste de la voiture. Ce qui donne une harmonie et un avantage considérable comparé aux écuries clientes.

Le choix de Ford n’est pas anodin. La marque a un héritage en Formule 1, connue avec le fameux moteur “Cosworth DFV” ou l’“Offenhauser”. Le motoriste a participé à plus de 573 Grands Prix. Il compte parmi les trois motoristes les plus présents sur la grille. De même que les motoristes les plus victorieux en course F1 (avec 176 victoires)et en championnat constructeur, qui se comptent au nombre de 10.

Ironiquement, Ford est aussi la marque qui a créé Stewart Grand Prix, racheté par Jaguar Racing, qui devient la base de Red Bull Racing en 2005.

Red Bull n’est plus qu’un simple constructeur. Cette année, ils entrent dans une nouvelle ère en devenant motoristes F1 avec une des plus grandes marques à leurs côtés.

Ferrari, le savoir-faire italien

C’est à Maranello que tous les moteurs sont fabriqués. L’usine produit des pièces qui équipent non seulement les monoplaces mais également toutes les Ferrari.
Depuis 2023, Enrico Gualtieri occupe le poste de directeur technique du groupe motopropulseur. Présente sur la grille depuis 1950, ce n’est pas étonnant que l’écurie italienne ait remporté le plus de championnats constructeurs, au nombre de 16.

La Scuderia Ferrari fournit plus de 18 écuries différentes depuis 76 ans. Un avantage qui permet de collecter plus de données télémétriques en quantité. Parmi elles, on retrouve notamment Haas, cliente depuis leur arrivée en Formule 1 en 2016. Cadillac est également équipée des moteurs italiens. L’écurie américaine prévoit de concevoir ses propres moteurs d’ici la fin de la décennie.

Entre 2006 et 2013, ce sont sept constructeurs qui achètent des moteurs Ferrari. Parmi eux, on retrouve Red Bull ou encore Toro Rosso (ancien nom de Racing Bulls). Une logique pour l’écurie qui a remporté six championnats constructeurs entre 1999 et 2004. Néanmoins, jamais une écurie cliente n’a remporté de championnat avec un moteur Ferrari.

Depuis ses débuts en 1950, la Scuderia a gagné un titre lors de chaque ère de la Formule 1, à l’exception de l’ère hybride. Le dernier remontant à 2008. Depuis 2014, l’écurie n’est descendue du podium des constructeurs qu’à trois reprises.

Mercedes, la domination de l’ère hybrid

Deuxième sur la liste des meilleurs motoristes, Mercedes est l’écurie la plus titrée de l’ère hybride. Elle a remporté huit championnats constructeurs consécutifs entre 2014 et 2021, un record absolu.

Après avoir quitté la Formule 1 en 1955, la firme allemande fait son retour en 1994, uniquement en tant que motoriste pour McLaren. Ensemble, ils deviennent un partenariat ultra performant. McLaren-Mercedes remporte trois titres, en 1998, 1999 et 2008.

Redevenue une écurie usine à partir de 2010, après le rachat de Brawn GP (une saison, un championnat constructeurs avec un moteur Mercedes), l’équipe ne fournit plus exclusivement McLaren. Force India devient d’abord cliente, puis Williams à partir de 2014, toujours partenaire aujourd’hui.

McLaren décide alors de mettre fin au partenariat en 2015. Il faudra attendre 2021 pour que l’écurie britannique revienne aux moteurs allemands, mettant fin à neuf ans de disette sans victoire. L’équipe remporte ensuite deux nouveaux championnats constructeurs, en 2024 et 2025.

Pendant ce temps, Mercedes domine l’ère hybride, avant l’arrivée des voitures à effet de sol. Mais avec la nouvelle réglementation, les rumeurs autour du moteur 2026 commencent à circuler dès 2024. Toto Wolff tient alors un discours très confiant, affirmant que le projet 2026 est la priorité absolue de l’écurie et que les avancées sont « très encourageantes ».

La marque allemande a confirmé s’être appuyée sur les enseignements tirés de la révolution des moteurs hybrides de 2014 pour concevoir son groupe propulseur 2026 et apparaît comme le favori pour la saison. Au point de pousser Alpine à se tourner vers la firme allemande après l’annonce de l’arrêt du moteur Renault. Après le Grand Prix de Chine, le moteur Mercedes ajoute deux nouvelles victoire en Grand Prix à son palmarès.

Honda, la fiabilité japonaise

Honda est une légende en Formule 1. Connu pour son association dans les années 1980 aux côtés de McLaren, le motoriste japonais permet à Ayrton Senna de décrocher ses trois titres mondiaux. Mais l’arrivée de Honda remonte en réalité à 1965, lorsque la marque était également une écurie. Durant quatre années, les moteurs Honda sont utilisés uniquement par l’écurie du même nom. Celle-ci se retire en 1968 avant de faire son retour en tant que motoriste en 1983.

En fournissant 13 constructeurs différents, dont de grands noms comme Williams, McLaren ou encore Red Bull, Honda (et pas Honda RBPT) détient six titres constructeurs et six titres pilotes à son palmarès. Le dernier étant Max Verstappen en 2021.

Nombre de titres de Champion du Monde, constructeursTotal: 6 (en six années consécutives)
1986 Williams Honda (FW11)
1987 Williams Honda (FW118)
1988 McLaren Honda (MP4/4)
1989 McLaren Honda (MP4/5)
1990 McLaren Honda (MP4/5B)
1991 McLaren Honda (MP4/6)
Nombre de titres de Champion du Monde des conducteursTotal: 6
1987 Nelson PIQUET (Brésil)
1988 Ayrton SENNA (Brésil)
1989 Alain PROST (France)
1990 Ayrton SENNA (Brésil)
1991 Ayrton SENNA (Brésil)
2021 Max Verstappen (Pays-Bas)

Source : Honda News

À partir de 2019, le motoriste japonais devient fournisseur de Red Bull et de sa petite sœur (Toro Rosso puis AlphaTauri). Jusqu’en 2021, où la marque annonce son retrait, mais officiellement jusqu’en 2025.

Finalement Honda signe un accord avec Red Bull Advanced Technologies pour l’utilisation des moteurs dès 2022. Ils choisissent de continuer d’assembler les groupes motopropulseurs et de fournir un soutien. Les moteurs sont alors badgés Honda RBPT mais restent des moteurs conçus à Sakura jusqu’en 2025. Durant quatre années, Honda permet à Red Bull de remporter deux nouveaux titres constructeurs et trois titres de pilote.

En 2023, la firme japonaise annonce sa collaboration exclusive avec Aston Martin à partir de 2026. Mais après deux Grands Prix, ce sont justement ses motopropulseurs qui causent les problèmes d’Aston Martin. Avec des vibrations pouvant causer des lésions aux pilotes. Sur les deux Grands Prix, l’écurie compte 4 abandons.

Auteur

Avatar de Maëva Bizoux

Écrit par :

DERNIERS ARTICLES

En savoir plus sur MÖTEUR

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture