13 mai 1950, Silverstone. Devant 150 000 spectateurs et le roi George VI, la Formule 1 disputait sa toute première course.

C’était il y a 76 ans. Sous le ciel ensoleillé, plus de 150 000 spectateurs se précipitent sur l’ancienne base de la Royal Air Force. On est le 13 mai 1950, c’est aujourd’hui que le coup d’envoi du tout nouveau championnat, celui de Formule 1, a lieu, sur le circuit de Silverstone. Au programme, six courses à travers l’Europe, et bien sûr Indianapolis, qui permet d’avoir l’appellation de championnat du monde.

À Silverstone, 19 pilotes sont qualifiés pour cette première course avec sept constructeurs différents. Parmi eux, on compte Alfa Romeo. L’écurie italienne n’est pas là pour participer, mais pour gagner. Voilà des années maintenant que les « Alfetta » dominent les courses automobiles.

Pour ces 150 000 spectateurs, c’est l’effervescence d’un événement historique qui se joue. La foule est dense, impatiente, et le bruit des moteurs résonne sur le circuit de Silverstone. Ce n’est pas la première fois que des voitures viennent s’affronter ici, mais il vient d’être remanié et, pour cette première manche, il mesure maintenant 4,649 km.

Sur la grille de départ, sans grande surprise, les quatre Alfa Romeo 158 sont en première ligne. Il faut dire qu’elles ont dominé tout le week-end jusqu’ici. Giuseppe Farina est suivi par Luigi Fagioli, Juan Manuel Fangio et Reg Parnell.

Une domination des Alfa Romeo

L’attente est palpable. Seul le hurlement des moteurs brise cette concentration. Tous les regards, ceux des pilotes et ceux des spectateurs, sont rivés sur l’officiel qui s’apprête à donner le signal du départ. Il est 15h00 lorsque le drapeau vert est agité sous le regard du roi George VI, de la reine Elizabeth et de la princesse Margaret dans les tribunes.

Sans grande surprise, les Alfa Romeo dominent la course. Le pilote italien ne laisse aucune miette à ses concurrents alors que ses coéquipiers, eux aussi, se détachent du reste du peloton. Elles se montreront inaccessibles du départ à l’arrivée, avec un ravitaillement à mi-course en moins de trente secondes.

Malheureusement, seul l’abandon de Fangio, alors en seconde position à huit tours de la fin, les prive d’un quarté assuré. Le pilote argentin heurte une balle de paille et endommage une conduite d’huile, surpris par une tache d’huile à Stowe Corner.

Giuseppe Farina franchit le drapeau à damier en 2 h 13 min et 23,6 secondes. Il devient alors le premier vainqueur en Formule 1. 22,6 secondes plus tard, c’est au tour de Fagioli de terminer la course et le podium est complété par Reg Parnell, 52 secondes après le second Italien. Un triplé donc, d’Alfa Romeo pour cette première course de Formule 1, le Grand Prix d’Europe 1950.

La supériorité est si grande qu’il faut attendre deux tours pour que Yves Giraud-Cabantous, 4e avec sa Talbot-Lago, finisse enfin sa course.

Cette même année, Alfa Romeo remporte six des sept courses du championnat (manquant Indianapolis), Giuseppe Farina devient le premier champion du monde de Formule 1 juste devant Juan Manuel Fangio et Luigi Fagioli.

Mais où sont les Ferrari ?

Si l’écurie est indissociable de la Formule 1, présente depuis 1950, aucune des Ferrari n’était pourtant présente à Silverstone ce 13 mai 1950. Effectivement, Enzo Ferrari jugeait que la prime proposée par le Royal Automobile Club pour venir en Angleterre était insuffisante. Pour lui, le prestige de ses voitures valait plus que ce que les Britanniques étaient prêts à payer.

Il Commendatore a donc préféré engager ses voitures sur une autre course, le même week-end, en Belgique pour le Grand Prix de Mons. Un choix rentable étant donné qu’il signe un triplé. Mais dès la manche de Formule 1 suivante, à Monaco, les Ferrari sont au départ. Enzo n’allait tout de même pas manquer la vitrine qu’offrait ce championnat du monde pour mettre en avant ses voitures.

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Avatar de Maëva Bizoux

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