La Ferrari Luce, première voiture électrique de Maranello, surprend par son style rétro. Entre innovations de pointe et un design pensé pour séduire, ce modèle interroge : Ferrari mise-t-elle sur l’esthétique avant la performance et la tradition de la marque?
La Ferrari Luce marque un tournant historique pour la marque. La marque au cheval cabré dévoile sa première voiture électrique avec une silhouette rétro. Dans une note, Oddo BHF évoque « une rupture radicale avec le langage stylistique habituel de la marque », avec notamment une configuration à cinq places, une carrosserie de type crossover, des formes arrondies.
Un choix esthétique, pensé avec le collectif LoveFrom pour privilégier un visuel presque nostalgique.

Les feux cachés et les volumes épurés rappellent davantage les GT des années 60. Pourtant, sous cette apparente simplicité, la Luce embarque une architecture technique complexe.
Quatre moteurs synchrones à aimants permanents, un châssis intégrant 75 % d’aluminium recyclé et une batterie 800 V. Malgré tout, la pilule est difficile à avaler pour les puristes. D’ailleurs, cette Ferrari Luce bouscule vraiment les codes classiques.
Une Ferrari au design rétro clivant
La Ferrari Luce affiche 5,02 m de long, 2 m de large et 1,54 m de haut. Sa forme en revanche est difficilement identifiable entre crossover, berline et monospace. Son approche stylistique tranche avec les codes électriques actuels.
Là où d’autres marques comme Hyundai misent sur l’audace futuriste, Ferrari choisit la nostalgie. L’intérieur de la Ferrari Luce est très épuré, incluant deux dalles OLED Samsung qui affichent des compteurs à aiguilles entièrement personnalisables. Le volant reprend des branches inspirées des anciennes Ferrari, tout comme les jantes. Enfin, l’habitacle séduit grâce à sa qualité d’assemblage et à des matériaux haut de gamme, aluminium et cuir.
Pour tous les amateurs d’automobile, le style unique de cette Ferrari électrique Luce suscite des débats.

Une fiche technique sans grande extravagance
Techniquement, la Luce a de quoi impressionner : quatre moteurs indépendants de 1050 cv, un essieu avant à 210 kW avec 93 % d’efficacité, un rotor utilisant un réseau Halbach issu de la F1, et une batterie intégrée dans le châssis pour optimiser la rigidité.
Ces choix garantissent une réponse immédiate et un contrôle total sur chaque roue. Le système sonore simule même un retour mécanique… Simule.
De même, la gestion manuelle du couple via palettes, pensée pour rappeler les boîtes Ferrari thermiques, semble davantage répondre à une logique émotionnelle qu’à une nécessité technique. Ferrari semble ainsi vouloir rassurer les passionnés en recréant des sensations du passé. Tout cela malgré un poid pachydermique de 2 300 kg.
En résumé, les performances de la Ferrari Luce électrique sont impressionnantes mais demeurent sobres pour ce segment.

Ferrari déjà dans le rouge
La controverse autour de la Luce ne vient pas seulement de sa technique, mais de son positionnement. Ferrari propose ici la berline électrique la plus chère du monde (550 000 €). Ce tarif, associé à un design rétro, montre une stratégie claire : séduire une clientèle attachée au prestige plutôt qu’à l’innovation pure.
La marque semble davantage capitaliser sur son héritage esthétique. Une approche qui divise les fans de la marque, qui soit aiment, soit ne valident pas. Le néo-rétro devient alors un outil commercial, qui pour l’instant fait perdre 6 % de valeur relative en bourse après son annonce. Finalement, l’arrivée de la Ferrari Luce électrique bouleverse le marché du luxe automobile.








