Surnommée la « Bio Celica », la Toyota Celica est l’un des coupés japonais les plus marquants du début des années 90. Souvent moins citée que sa petite sœur la GT-Four, elle a pourtant posé de nouvelles bases technologiques.

La Celica 5ᵉ génération apparaît en 1990, dans un contexte précis : Toyota veut moderniser son image. Un élément important dans la philosophie de conception de cette nouvelle voiture.

Parmi les modèles emblématiques, la Toyota Celica 5 occupe donc une place particulière dans le cœur des passionnés. La marque veut proposer un coupé plus affûté et fun qui procure des sensations. Toyota choisit une ligne plus fluide, des phares pop-up et une silhouette ronde qui lui donne le surnom : « Bio Celica ». On remarque ainsi une rupture nette avec la génération T160 plus franche.

Cette évolution n’est pas que esthétique. Toyota revoit la plateforme, améliore la rigidité et introduit des moteurs plus nerveux. Elle devient alors un modèle séduisant pour un public jeune. Mais derrière, Toyota prépare déjà une nouvelle génération… Avec une version GT‑Four taillée pour le rallye.

Cette Célica 5 sert donc de transition, tout en imposant une nouvelle vision. Elle annonce une nouvelle manière de concevoir la performance, l’expérience de conduite et le confort chez Toyota. Au bout, on obtient une voiture plus technique et plus ambitieuse sur tous les points.

Une place dans l’histoire du rallye

La Celica 5ᵉ génération donne naissance à la ST185 GT‑Four, une version qui deviendra l’une des voitures les plus redoutées du WRC. Avec son moteur turbo de 200 ch en version route et plus de 350 ch en configuration rallye, elle s’impose comme référence.

De par l’arrivée d’une transmission intégrale, de sa gestion électronique avancée et de la robustesse du bloc 2.0 L 3S‑GTE, Toyota est prêt à rivaliser avec Subaru et Lancia. En somme, la Celica remporte 4 titres pilote en 1990 et 1992 grâce à Carlos Sainz, Juha Kankkunen et Didier Auriol. Toyota s’empare aussi de 2 titres de constructeur en 1993 et 1994.

Cette réussite repose sur une philosophie simple : combiner puissance, fiabilité et précision. La Celica devient alors un symbole de l’ingénierie japonaise, capable de dominer tous les terrains extrêmes sans perdre en efficacité.

Une mécanique polyvalente

Le moteur 3S‑GTE reste l’un des blocs les plus respectés de Toyota. Il offre une montée en régime vive, un couple généreux et une résistance exceptionnelle, ce qui en fait un choix idéal pour le rallye.

En version de série, ce moteur « Twin Entry Turbo » développe 204 ch. Pour les budgets plus modestes, la Celica est aussi proposée en version atmosphérique de 156 ch.

Sur la GT-Four, les ingénieurs ont optimisé le flux d’air et renforcé le refroidissement pour garantir une endurance maximale.

Cette mécanique permet à la Celica de s’imposer sur asphalte, sur terre et même sur neige. Elle devient une voiture polyvalente, capable de s’adapter à tous les terrains avec élégance et confort.

Un cockpit tourné vers le conducteur et la technologie

À l’intérieur, la Celica 5ᵉ génération confirme sa volonté de modernité en rompant avec le design rectiligne des années 80. L’habitacle se distingue par une planche de bord aux formes fluides et enveloppantes, résolument orientée vers le conducteur (le fameux style cockpit).

"Toyota Celica (ST184R) 2.2i liftback interior" by M.rJirapat is licensed under CC BY-SA 4.0.
« Toyota Celica (ST184R) 2.2i liftback interior » by M.rJirapat is licensed under CC BY-SA 4.0.

Les sièges baquets de la version GT-Four offrent un excellent maintien latéral, indispensable pour encaisser les forces G. Fidèle à la réputation japonaise, Toyota fait le plein de technologies pour séduire un public exigeant : selon les finitions, la voiture propose un système audio haut de gamme à 10 haut-parleurs, une climatisation automatique à affichage digital et même un réglage électrique des lombaires et des latéraux du siège conducteur.

Malgré la profusion de plastiques sombres typiques de l’époque, l’ergonomie est irréprochable et l’insonorisation soignée transforme ce coupé sportif en une excellente grande routière pour les longs trajets.

La triche la plus ingénieuse du WRC

Cette maîtrise de la suralimentation va pourtant pousser les ingénieurs de chez Toyota à franchir la ligne rouge. Vous souvenez-vous de l’année 1995 ? Cette année-là, la Celica de 6ᵉ génération (la ST205) engagée en course atomise ses concurrentes lors des accélérations.

5th Toyota_Celica Turbo 4WD Group A (ST185) 1995 Safari Rally winner taken in Showroom of Toyota MEGAWEB." by Mytho88 is licensed under CC BY-SA 3.0.
5th Toyota_Celica Turbo 4WD Group A (ST185) 1995 Safari Rally winner taken in Showroom of Toyota MEGAWEB. » by Mytho88 is licensed under CC BY-SA 3.0.

Toyota vient de trouver une faille imparable en contournant le restricteur de turbo imposé par le règlement. Les ingénieurs ont conçu un système de brides « intelligent » capable de s’ouvrir légèrement sous la pression de l’air, au-delà de la limite légale de la FIA. Ce mécanisme laisse entrer plus d’air, augmentant la puissance d’environ 50 ch sans que les commissaires ne puissent le détecter lors des inspections statiques.

La FIA finit par découvrir l’astuce. Elle la qualifie de “tricherie la plus sophistiquée jamais vue”. Toyota est exclu du championnat et banni 1 an. Effectivement, il suffit de travailler le flux d’air au niveau admission pour qu’elle puisse laisser sa petite sœur bénéficier d’une tricherie maîtrisée.

Cette anecdote contribue à la légende de la Celica. C’est pour cela que la voiture n’était pas seulement performante : elle était en avance sur son temps.

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