Gonfler ses pneus à l’azote, une option qui pourrait séduire de plus en plus d’automobilistes. Cette technique venue du sport automobile promet stabilité, sécurité et confort. Mais entre marketing et réalité technique, faut‑il vraiment passer à l’azote pour ses pneus au quotidien ?

L’industrie automobile évolue vite. Les technologies progressent et même l’air utilisé pour gonfler les pneus pose débat. Celui ambiant contient déjà environ 78 % d’azote. De nature stable, un gonflage pur limite les variations de pression.

Quand on roule, l’air chauffe, se dilate et augmente la pression d’environ 0,7 à 1 bar. C’est pour cela qu’il faut vérifier la pression à froid ou alors ajouter 0,3 à 0,4 bar à chaud. L’azote, lui, varie très peu. Cette stabilité a séduit la Formule 1 dans les années 2000 et s’est démocratisée dans tout le sport automobile.

Un intérêt limité pour les trajets du quotidien

On trouve aujourd’hui l’azote dans certaines stations ou sur demande en garage. Son prix varie entre 5 € et 15 €, bien plus que l’air classique. Pourquoi ? Car ce gaz vient de la compétition ! D’origine en aviation, il est largement utilisé en F1, en endurance, et en rallye. Un pneu gonflé à l’azote se dégonfle environ trois fois moins vite. Mais pour aller au travail ou faire ses courses, l’intérêt est de zéro. L’air classique suffit normalement largement. Le gain ne compense pas le coût, surtout si l’on vérifie régulièrement ses pneus.

Un avantage pour les gros rouleurs et les trajets exigeants

Bien que très spécifique, l’azote peut avoir un intérêt. Pour ceux qui roulent beaucoup, le gaz peut devenir utile. Sur autoroute ou en campagne, la température des pneus grimpe plus vite. L’azote limite alors les variations internes. Cela réduit la contrainte interne du pneu et améliore légèrement le confort par sa capacité à mieux absorber les chocs.

Cependant, il ne prolonge pas la durée de vie de la gomme. Il n’offre pas non plus d’économie de carburant si les pneus sont gonflés selon les préconisations du constructeur. Pour gagner en autonomie et en confort, rien ne remplace de bons pneus bien entretenus !

"2019 SSC Tuatara at Pebble Beach Press Conference" by SSCNA is licensed under CC BY-SA 4.0.
La SSC Tuatara essayant de battre le record de Bugatti en 2020 sur la route 160 à Pahrump dans l’État du Nevada aux États-Unis « 2019 SSC Tuatara at Pebble Beach Press Conference » by SSCNA is licensed under CC BY-SA 4.0.

Un gaz au cœur de la compétition

L’azote a aussi nourri quelques polémiques. En 2020, la SSC Tuatara aurait utilisé de simples pneus surgonflés à l’azote lors de son record de vitesse. Cette rumeur a surpris, surtout quand on sait que la Bugatti Chiron dépend de pneus Michelin développés spécialement pour dépasser les 500 km/h.

En endurance, l’azote a déjà limité la propagation d’un feu dans un stand, ne contenant pas d’oxygène et donc sans s’embraser. En WRC, il évite les variations de pression causées par l’humidité. Ces anecdotes montrent que le gaz reste un outil de précision, pensé pour les contraintes accrues. Dans l’ensemble il est ni bon ni mauvais pour n’importe qui, mais est utile que dans certaines conditions.

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