Trente ans après son lancement, la Fiat Barchetta refait parler d’elle. Ce petit roadster biplace italien, produit entre 1995 et 2005, séduit à nouveau les amateurs de conduite plaisir et les collectionneurs en quête d’authenticité. Conçue à Turin, la Barchetta incarne l’esprit du cabriolet à l’italienne : style fluide, moteur chantant et sensations simples.
Aujourd’hui, alors que les roadsters des années 1990 deviennent rares et coûteux, elle s’impose comme une alternative abordable et attachante, symbole d’une époque où conduire rimait encore avec émotion.

Inspirée des cabriolets italiens des années 1950, la Barchetta mêle élégance et compacité dans un design intemporel. © Anaëlle Petit

Un style signé Dolce Vita

La Fiat Barchetta charme d’abord par ses lignes pures. Son profil bas, ses courbes fluides et son avant plongeant rappellent les cabriolets italiens des années 1950. Le designer Andreas Zapatinas, également à l’origine de la BMW Z4, voulait créer une voiture qui inspire le plaisir immédiat : « Une voiture faite pour rouler cheveux au vent, pas pour poser dans un salon. »
Restylée légèrement en 2003, elle a conservé sa silhouette originelle, seulement agrémentée de clignotants blancs et d’un bouclier avant plus moderne.

Un cœur vaillant sous le capot

Sous le capot, la Barchetta embarque un unique moteur : un 1,8 litre 16 soupapes de 130 chevaux. Couplé à une boîte manuelle à cinq rapports et à un poids plume d’un peu plus d’une tonne.
Il offre des performances honnêtes : 0 à 100 km/h en 8,9 secondes et plus de 200 km/h en pointe.

Souple et vif, ce quatre-cylindres aime monter dans les tours et s’exprime avec un timbre métallique typique des Fiat de l’époque. Relativement sobre (autour de 9 l/100 km en conduite mixte) et robuste, il se montre aussi économique à l’usage. Un journaliste résumait à sa sortie : « La Barchetta en offre vraiment beaucoup pour pas trop cher. »

Avant restylage, l’arrière ne possède pas de feu stop central © Anaëlle Petit

Légère, vive et pleine de sensations

Longue de 3,92 mètres et large de 1,64 mètre, la Barchetta repose sur une base technique de Fiat Punto. Une architecture simple mais efficace, avec suspensions McPherson à l’avant et bras tirés à l’arrière. Sur la route, elle privilégie la stabilité et la douceur, plutôt que la sportivité pure.
Légère et bien équilibrée, elle offre un comportement sûr, prévisible et plaisant, même pour un conducteur novice. Certes, les puristes noteront une rigidité de caisse perfectible, mais le plaisir reste bien présent : la Barchetta distille un vrai goût de liberté, à chaque virage.

Un habitacle sans fioritures, mais plein de charme

L’intérieur respire la simplicité : grands compteurs, commandes mécaniques et une position de conduite parfaite pour savourer la route. © Anaëlle Petit

À bord, la simplicité règne. La planche de bord, sobre et fonctionnelle, arbore de grands compteurs ronds et une présentation typiquement italienne. Les plastiques sont basiques, un peu trop omniprésent et mis à rude épreuve par le soleil. Mais l’ergonomie est claire et la position de conduite excellente.
Sur les modèles d’après 1999, l’équipement devient plus complet : double airbag, ABS, sellerie cuir, voire hard-top en option. La capote manuelle, légère et pratique, se replie en un geste. Attention, elle se fragilise avec le temps. Les conducteurs ont l’habitude de placer une frite de piscine entre la pliure de la capote pour éviter les cassures.

Côté habitabilité, le coffre de 165 litres se contente de l’essentiel, mais la Barchetta est avant tout une voiture plaisir.

Fiabilité italienne : les préjugés mis à mal

Fiable, la Barchetta déjoue les clichés sur les voitures italiennes. Son moteur 1.8 est robuste et encaisse bien les kilomètres, à condition de respecter l’entretien, notamment le remplacement de la courroie de distribution tous les 70 000 km.
La carrosserie résiste bien à la corrosion, et les pièces mécaniques, communes à la Fiat Punto, sont faciles à trouver et peu coûteuses. Seules les capotes mal entretenues et les joints de porte peuvent poser problème sur les premiers millésimes.
Avec un coût d’entretien modéré et une mécanique simple, la Barchetta se révèle une compagne fidèle, même pour un usage régulier.

Poignet de porte qui se déclenche en appuyant sur un bouton, une originalité pour l’époque. © Anaëlle Petit

Face aux rivales : charme latin contre rigueur japonaise

Lors de sa sortie, la Barchetta affrontait deux rivales de taille : la Mazda MX-5 et la MG F.
Face à la japonaise, plus sportive et plus rigoureuse, la Fiat mise sur le charme latin et la douceur de conduite. Moins radicale mais plus rare, elle offre une alternative plus originale. Comparée à la MG F, la Barchetta se montre plus fiable et plus simple d’entretien.
Sur le marché actuel, elle reste la plus abordable du trio : un très bel exemplaire se trouve entre 10 000 et 15 000 €, contre bien davantage pour une MX-5 équivalente.

Entre 1995 et 2005, Fiat a vendu environ 57 000 Barchetta dans le monde. Pendant ce temps, Mazda, avec sa MX-5 en écoulait des centaines de milliers. Juste sur la génération NB (1998–2005), la MX-5 a dépassé 290 000 exemplaires. Cinq fois plus. Et ne parlons même pas de la BMW Z3, qui s’est vendue à plus de 297 000 unités. Même la MGF, a dépassé les 77 000 exemplaires.

La Barchetta apparaît comme une alternative « atypique et abordable » aux roadsters japonais/anglais, d’autant qu’elle conserve un charme 100% italien.

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