Racing Bulls aurait fait l’objet d’une offre de rachat pouvant atteindre 3 milliards de dollars… Pourtant la marque autrichienne ne semble pas ouverte à cette proposition. Mais alors pourquoi Red Bull tient-elle autant à sa deuxième équipe ?

Selon The Times, Red Bull aurait repoussé une offre pouvant atteindre 3 milliards de dollars pour le rachat de Visa Cash App Racing Bulls. La proposition aurait été portée par l’investisseur américain Dean Attew, ancien conseiller de Bernie Ecclestone, et le financier Andrew Herriot, avec le soutien de plusieurs fonds d’investissement d’Abou Dabi. À ce stade, ni Red Bull ni les investisseurs concernés n’ont confirmé publiquement l’existence de cette offre ou son rejet.

Si l’information n’est pas confirmée, ce n’est pas non plus une surprise. Ce ne serait d’ailleurs pas la première tentative de rachat de Racing Bulls. Red Bull aurait déjà refusé une offre estimée à plus de 2 milliards de dollars en octobre 2025. Si l’information se confirme, elle montre surtout à quel point détenir une équipe de Formule 1 est recherché. Avec maintenant 11 équipes présentes sur la grille depuis l’arrivée de Cadillac, entrer dans le championnat reste compliqué, même pour les plus influents.

Visa Cash App, bien plus qu’une deuxième équipe

Pour Red Bull, vendre Racing Bulls ne reviendrait pas simplement à se séparer d’une équipe supplémentaire. La structure Faenza occupe une place assez importante dans l’organisation du groupe autrichien, en servant beaucoup de point de passage aux jeunes pilotes issus de la filière Red Bull.

Max Verstappen est d’ailleurs lui-même passé par cette structure, à l’époque appelée Toro Rosso, au début de sa carrière en Formule 1. Plus récemment, c’est Isack Hadjar qui a fait ses débuts avec l’équipe avant de rejoindre Red Bull en 2026. Aujourd’hui, Visa Cash App aligne donc Liam Lawson et Arvid Lindblad, tous les deux liés au programme jeunes pilotes Red Bull.

Cette organisation permet donc à Red Bull de disposer d’une équipe capable d’accueillir et de former ses jeunes talents au plus proche de l’écurie principale. Pour un constructeur qui investit fortement dans la détection des futurs pilotes, posséder cette « deuxième écurie » représente un véritable atout.

Qu’est-ce qu’une écurie satellite en F1 ?

Dans le sport automobile, une « écurie satellite » désigne donc généralement une équipe indépendante mais avec des liens avec une équipe principale ou un constructeur. Des liens qui peuvent être financiers, techniques ou sportifs. L’équipe satellite peut notamment utiliser certaines pièces fournies par son partenaire et servir de structure complémentaire à l’équipe principale.

En Formule 1, le terme est cependant à utiliser avec précaution. Les équipes restent des concurrentes et doivent respecter les règles de la FIA. Elles ne peuvent pas simplement échanger librement toutes leurs pièces ou partager toutes leurs ressources.

La réglementation définit d’ailleurs précisément les éléments qui peuvent être fournis par un autre concurrent ou un constructeur. Certaines pièces peuvent être achetées auprès d’un fournisseur, alors que d’autres doivent être conçues par l’équipe elle-même. La FIA surveille aussi les transferts de personnel et les données techniques pour éviter qu’une équipe ne bénéficie d’un avantage déloyal.

Le principe est donc différent de celui d’une équipe  » B  » qui pourrait développer une voiture entièrement identique à celle de son équipe principale. L’idée reste que Visa Cash App Racing Bulls et Red Bull demeurent deux concurrents inscrits séparément au championnat, avec leurs propres résultats et leur propre classemen.

Pourquoi Red Bull ne vend-elle pas ?

Tout d’abord parce que Visa Cash App est un véritable avantage sportif. Racing Bulls permet à Red Bull de faire rouler ses jeunes pilotes et d’évaluer leur potentiel. La structure constitue ainsi un véritable dénicheur de talent.

Le deuxième avantage concerne les relations techniques et industrielles entre les deux équipes. La réglementation autorise donc certaines collaborations, et l’utilisation de composants provenant d’un autre concurrent dans les limites fixées par la FIA.

Cela peut, par exemple, permettre à une équipe de réduire certains coûts, et de concentrer ses ressources sur les éléments qu’elle doit obligatoirement concevoir elle-même.

Une organisation qui peut aussi faciliter la circulation de compétences au sein d’un même groupe. Red Bull dispose d’une structure principale, et d’une deuxième équipe installée en partie en Italie, avec aussi des installations techniques à Milton Keynes. Cette proximité peut comme ceci favoriser le partage de certaines ressources et de certains savoir-faire, dans le respect des règles de la FIA.

Et c’est précisément ça qui fait débat dans le paddock. Pour les défenseurs des « écuries satellites », ces collaborations permettent aux petites équipes de rester compétitives et d’accéder à des technologies qu’elles n’auraient pas forcément eu les moyens de développer. Pour les opposants, elles peuvent au contraire créer une différence entre ceux qui ont un partenaire puissant et ceux qui doivent tout développer en interne.

Red Bull n’est pas la seule à avoir des liens étroits avec une autre équipe

Si le cas de Red Bull est le plus évident, car le groupe possède directement deux équipes, il n’est pas le seul. D’autres écuries entretiennent également des relations plutôt étroites avec des constructeurs.

Haas, par exemple, travaille depuis plusieurs années avec Ferrari, et utilise son unité de puissance ainsi que plusieurs composants autorisés par le règlement. L’équipe américaine dispose également d’une relation technique avec le constructeur italien. Elle reste toutefois une entité indépendante et ne constitue pas une deuxième équipe Ferrari au même titre que Visa Cash App Racing Bulls pour Red Bull.

Le même principe existe avec d’autres équipes qui utilisent les moteurs de grands constructeurs. Mercedes fournit son unité de puissance à plusieurs équipes clientes, tout comme Ferrari équipe également des écuries extérieures à sa propre structure. Mais on parle ici d’écurie cliente et non satellite.

La différence se situe dans le degré de proximité entre les organisations. Une équipe cliente achète certains éléments autorisés par le règlement à un constructeur, comme McLaren qui roule avec un moteur Mercedes. Une structure comme Racing Bulls va plus loin dans ses liens avec son équipe sœur, déjà parce que les deux appartiennent au même groupe.

Un modèle autorisé, mais régulièrement critiqué

Le phénomène d’équipe satellite n’est pas nouveau. En 2019, alors que Renault critiquait les relations entre certaines écuries, le patron de Haas, Günther Steiner, défendait ce fonctionnement :

« Cette possibilité de collaborer avec des équipes satellites est réglementaire. Si vous n’arrivez pas à vous mettre au niveau, c’est votre problème. »

Günther Steiner (L’Équipe)

Depuis, le débat n’a pas disparu. La question étant de savoir si une organisation possédant deux équipes peut bénéficier d’un avantage stratégique par rapport à ses concurrents. Le transfert de personnel, le partage de ressources ou la proximité entre les deux structures sont régulièrement observés par les écuries.

Zak Brown, directeur général de McLaren Racing, fait partie des principaux opposants au modèle. Il explique que la présence de plusieurs équipes appartenant au même groupe peut poser un problème d’intégrité sportive.

« Pouvez-vous imaginer un match de Premier League avec deux équipes appartenant au même groupe ? »,

déclarait Zak Brown en avril, selon The Times.

Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, s’est lui aussi montré réservé sur le principe. Interrogé par The Times en mai, il a estimé, à titre personnel, que posséder deux équipes n’était « pas la bonne solution », tout en reconnaissant que le sujet était complexe.

Pourquoi tout le monde ne possède pas sa propre équipe satellite ?

Si le modèle présente autant d’avantages, pourquoi toutes les équipes ne possèdent-elles pas une deuxième structure ? La première raison est évidemment financière. Même avec le plafonnement budgétaire instauré en Formule 1, gérer une équipe reste extrêmement coûteux.

La deuxième raison est liée à la réglementation. La FIA encadre les relations entre les équipes afin de limiter les transferts d’informations et de technologies qui pourraient donner un avantage injuste. Une équipe ne peut donc pas simplement créer une deuxième structure pour contourner le plafond budgétaire ou récupérer librement le travail réalisé par son équipe principale.

La valeur financière des équipes explique aussi pourquoi le sujet revient régulièrement. Avec la popularité grandissante de la Formule 1 et le nombre limité de places disponibles sur la grille, les équipes sont devenues des actifs très recherchés. Une offre pouvant atteindre 3 milliards de dollars pour Racing Bulls, si elle venait à être confirmée, illustrerait cette nouvelle réalité.

Pour Red Bull, la question n’est pas de savoir combien Visa Cash App pourrait rapporter en cas de vente. Sa deuxième équipe représente aussi un outil sportif et stratégique. Tant que cette structure conserve cette utilité, le groupe autrichien semble avoir de bonnes raisons de vouloir la garder dans son organisation.

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Avatar de Océane Portelli

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