Promu chez Red Bull après une seule saison chez Racing Bulls, le Français de 21 ans a connu un début d’aventure mouvementé, avant de s’installer progressivement comme un équipier solide. Alors que le deuxième baquet de l’écurie a fragilisé plusieurs pilotes ces dernières années, Hadjar semblerait avoir trouvé le bon réglage.

Mais alors pourquoi le pilote français arrive-t-il à suivre le quadruple champion du monde ? Déjà, Hadjar arrive chez Red Bull avec une expérience déjà solide de la filière, profite d’une nouvelle réglementation qui remet les compteurs à zéro et, surtout, semble avoir trouvé la bonne manière de gérer la comparaison avec Verstappen.

Un baquet qui n’épargne personne

Depuis que Max Verstappen est devenu le leader incontesté de Red Bull, le deuxième baquet de l’écurie autrichienne est devenu l’un des plus difficiles du plateau. Pierre Gasly, Alexander Albon, Sergio Pérez, Liam Lawson et Yuki Tsunoda ont tous connu des fortunes diverses face au Néerlandais. Lawson n’a même disputé que deux courses avec l’équipe avant d’être remplacé par Tsunoda en 2025.

Hadjar savait donc parfaitement où il mettait les pieds. Quelques mois avant sa promotion, l’ancien pilote Racing Bulls avait déjà conscience de l’histoire presque maudite de ce baquet. Il reconnaît aujourd’hui avoir ressenti « un peu de doute et de pression » au moment de rejoindre l’équipe, notamment parce qu’il s’agissait de Max Verstappen.

« C’était définitivement dans un coin de ma tête », expliquait-il lors du Grand Prix de Hongrie.

Pourtant, après la première moitié de saison, le Français est encore là. Et même mieux : il a déjà signé plusieurs performances qui dépassent les attentes pour un jeune pilote en apprentissage.

Hadjar n’est pas arrivé chez Red Bull par hasard

L’une des clés de son adaptation est peut-être due à son parcours. Contrairement à un pilote qui débarquerait directement d’une autre équipe, Hadjar connaît l’environnement Red Bull depuis déjà plusieurs années.

Intégré à la filière de jeunes pilotes en 2021, il avait participé à plusieurs essais et séances d’essais libres avec l’équipe. En 2024, il avait d’ailleurs pris le volant de la Red Bull de Verstappen lors des EL1 du Grand Prix d’Abou Dhabi. Son ingénieur de course actuel, Richard Wood, dit « Woody », faisait également déjà partie de son environnement.

Le changement entre Racing Bulls et Red Bull reste important. Hadjar décrit lui-même son arrivée à Milton Keynes comme « un choc culturel ». Il est passé d’une structure italienne qu’il considère comme plus familiale à une organisation britannique beaucoup plus importante.

« Vous passez d’une équipe davantage familiale, une équipe italienne, à une équipe britannique. C’est définitivement différent », expliquait-il au micro de la F1 en juillet 2026.

Mais cette différence n’a pas complètement bouleversé ses habitudes. Racing Bulls avait justement pour mission de préparer les jeunes pilotes à rejoindre l’équipe principale. « Ils ont l’habitude d’avoir de jeunes pilotes qu’ils préparent pour le baquet de l’équipe principale ».

Une nouvelle réglementation qui change la donne

Hadjar a également bénéficié d’un contexte particulier : son arrivée chez Red Bull coïncide avec le changement de réglementation de 2026.

Les nouvelles monoplaces ont offert à tous les pilotes une base de travail différente. Hadjar n’a donc pas eu à prendre en main une voiture développée pendant plusieurs saisons autour des préférences de Verstappen, contrairement à certains de ses prédécesseurs.

C’est d’ailleurs l’argument de Günther Steiner. Pour l’ancien directeur de Haas, ces nouvelles règles représentaient une opportunité importante pour le Français : « Ils ne connaissent rien de la voiture, tous les deux. C’est donc à son avantage », expliquait-il en décembre 2025.

Cette situation ne signifie évidemment pas que Verstappen et Hadjar partent réellement avec les mêmes armes. Le Néerlandais possède une expérience et une connaissance de l’équipe que son équipier ne peut pas égaler. Mais Hadjar a quand même pu participer au développement d’une nouvelle génération de Red Bull dès ses premières courses.

Hadjar accepte la comparaison avec Verstappen

C’est peut-être la différence la plus importante avec les précédents équipiers de Verstappen : Hadjar ne cherche pas à éviter la comparaison. Il la considère comme un outil de progression.

« J’ai toujours été curieux de savoir quel était le niveau le plus élevé au monde », expliquait-il au sujet de son équipier. À 21 ans, il estime même avoir « le luxe » de pouvoir se mesurer à Verstappen avec la même monoplace.
Toujours au micro de la F1.

Les chiffres restent évidemment en faveur du quadruple champion du monde. Après le Grand Prix de Hongrie, Verstappen compte 109 points contre 68 pour Hadjar et mène également largement leur duel en qualifications, avec huit confrontations remportées contre trois par le Français.

Mais l’écart ne raconte pas toute l’histoire. Hadjar possède quand même une quatrième place à Monaco et a enchaîné deux sixièmes places à Spa puis Budapest. À Spa, sa performance est particulièrement révélatrice : parti 21ᵉ après une pénalité liée au changement de composants de son groupe propulseur, il a quand même réussi à remonter jusqu’à la sixième position.

À Spa, il a su jouer collectif

Le week-end belge a surtout montré une facette essentielle du métier de deuxième pilote chez Red Bull.

Déjà condamné à partir du fond de la grille, Hadjar a accepté de jouer le jeu de l’équipe en qualifications. Il a offert une aspiration à Verstappen dans le dernier secteur, permettant à son équipier de décrocher la deuxième place sur la grille.

« C’était définitivement utile, sinon je ne serais pas là où je suis », expliquait Verstappen après la séance.

Hadjar n’a pas seulement exécuté la consigne. Il avait lui-même proposé cette stratégie, alors qu’il savait que sa propre position sur la grille ne pouvait pas être sauvée.

Red Bull n’est pourtant pas encore tiré d’affaire

Le début de saison a été difficile pour l’écurie. Après le Grand Prix du Japon, Red Bull ne comptait que 16 points et occupait la sixième place du championnat des constructeurs. Hadjar avait terminé 12ᵉ à Suzuka après avoir pourtant devancé Verstappen en qualifications.

Mais la situation s’est quand même progressivement améliorée. Après le Grand Prix de Hongrie, Red Bull compte 177 points et occupe la quatrième place du championnat des constructeurs. Verstappen et Hadjar ont tous deux terminé sur le podium à Monaco ( Avant la réattribution de la 3e place à Pierre Gasly), et deux 6e places consécutives à Spa et Budapest.

Malgré tout, Red Bull a encore des difficultés à aller chercher les écuries du haut de tableau.

Le « siège maudit » pas encore disparu

Hadjar a-t-il réellement brisé la malédiction du deuxième baquet Red Bull ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer.

Avec 41 points de retard sur Verstappen et un duel en qualifications largement favorable au Néerlandais, le Français a encore une marge de progression. Mais le contexte est assez différent de celui de ses prédécesseurs.

Hadjar n’a pas l’air paralysé par le statut de son équipier. Il accepte la comparaison, connaît déjà l’environnement Red Bull et paraît progressivement comprendre ce que l’équipe attend de lui. Et surtout, ses dernières courses montrent qu’il peut être performant même lorsque la voiture n’est pas au niveau attendu.

« Je mérite d’être là, mais j’ai aussi énormément de chance d’y être », résume-t-il dans le podcast Talking Bull en Janvier 2026.

C’est peut-être cette combinaison qui explique son début de saison : suffisamment de confiance pour ne pas se laisser écraser par Verstappen, mais suffisamment de recul pour comprendre qu’il évolue encore aux côtés de l’un des meilleurs pilotes de la grille.

Après onze courses, le deuxième baquet Red Bull n’est donc plus seulement présenté comme une malédiction. Pour Hadjar, il commence à ressembler à une opportunité.

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Avatar de Océane Portelli

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