De la Formule 4 à la Formule 1 en seulement trois saisons de monoplace, Kimi Antonelli a l’une des trajectoires les plus atypiques des rookies de sa génération. Comment l’Italien a-t-il forgé sa place aussi rapidement ?
Kimi Antonelli n’a pas fait de saison en Formule 3 FIA et a directement rejoint la Formule 2 en 2024. Une progression rapide, accompagnée de plusieurs séances d’essais privés avec Mercedes, qui lui a permis d’accumuler de l’expérience au volant d’une F1 avant même ses débuts officiels en F1. Un parcours plutôt surprenant pour un aussi jeune pilote, venu remplacer un septuple champion du monde.
Une progression rapide dès les catégories juniors
Avant de se retrouver sur la grille de Formule 1, Kimi Antonelli a pourtant suivi un parcours assez classique dans ses premières années. Après ses débuts en karting à l’âge de 7 ans, l’Italien rejoint le Mercedes Junior Team en 2019 à l’âge de 9 ans. Il remporte par la suite les championnats italien et allemand de Formule 4 en 2022, avant de passer en Formule Régionale l’année d’après.
Sa saison 2023 a marqué, déjà à l’époque, un premier signe de sa progression rapide. Antonelli remporte d’abord le championnat de Formule régionale Moyen-Orient durant l’hiver, avant de décrocher le titre européen avec Prema. Avec cinq victoires et onze podiums, il s’impose face à Martinius Stenshorne et termine la saison avec 300 points.
Jusque-là, son parcours ressemble à celui de nombreux jeunes pilotes qui espèrent atteindre la F1. La différence arrive au moment de choisir sa prochaine catégorie.
Kimi Antonelli saute une classe
En 2024, Antonelli ne passe pas par la Formule 3 FIA. Alors que cette catégorie constitue en général une étape importante entre la Formule Régionale et la Formule 2, l’Italien lui rejoint directement le championnat de F2 avec Prema. Il retrouve d’ailleurs Oliver Bearman, qui deviendra ensuite l’un de ses principaux points de comparaison parmi les jeunes pilotes de sa génération.
Ce choix est particulièrement crucial dans la construction de sa carrière. La F2 représente normalement l’étape ultime avant la Formule 1 et réunit des pilotes déjà passés par la F3. Antonelli a dû apprendre à évoluer dans une catégorie plus exigeante, sans avoir suivi ce chemin intermédiaire.
Sa première saison n’a d’ailleurs pas été immédiatement dominante. Après un début compliqué avec Prema, il remporte deux courses et termine finalement sixième du championnat avec 113 points. Son résultat reste inférieur à celui de Gabriel Bortoleto, champion de F2 en 2024 après avoir remporté le titre de F3 l’année précédente, ou encore d’Isack Hadjar, vice-champion après deux saisons dans la catégorie.
Le classement final ne raconte toutefois pas toute l’histoire de cette saison. Pendant qu’il découvrait la F2, Antonelli préparait en réalité l’étape suivante.
Une saison de F2 en parallèle de nombreux essais en F1
L’autre particularité dans le parcours de Kimi Antonelli est son introduction très tôt à la Formule 1. Alors qu’il participe à sa première saison de F2 en 2024, Mercedes lui fait déjà prendre le volant de plusieurs monoplaces de F1.
Cinq ans après son arrivée dans le Mercedes Junior Team, l’Italien effectue déjà ses premiers tours dans une F1 au volant de la W12 de 2021 lors d’un test au Red Bull Ring. Deux semaines plus tard, il retrouve la piste à Imola avec la W13, pour une séance de 500 km. D’autres essais privés sont ensuite organisés à Silverstone et à Spa-Francorchamps.
Une préparation qui distingue Antonelli de plusieurs autres pilotes de la génération 2025. Gabriel Bortoleto, Isack Hadjar ou Oliver Bearman ont eux aussi connu des expériences en F1 avant leur titularisation, mais dans des contextes assez différents. Bortoleto et Hadjar ont notamment participé à des séances d’essais libres, tandis que Bearman, lui, a pu découvrir la Formule 1 en remplaçant Carlos Sainz chez Ferrari en 2024, avant de disputer d’autres Grands Prix avec Haas.
Antonelli, lui, a bénéficié d’une préparation pensée sur le long terme par Mercedes. L’objectif n’était pas seulement de lui faire découvrir une F1 lors d’une séance officielle, mais de lui permettre d’accumuler du roulage et de se familiariser progressivement avec la monoplace.
Un passage par la F1 avant même ses débuts officiels
Cette préparation se poursuit lors des week-ends de Grand Prix. En 2024, Antonelli participe à sa première séance d’essais libres à Monza au volant de la Mercedes W15 de George Russell. L’Italien signe alors le meilleur temps avant de partir à la faute dans la Curva Alboreto, avec un accident mesuré à 52G. Il participe ensuite à une nouvelle séance à Mexico, qui s’achève prématurément après des dégâts sur son fond plat.
Avant même de devenir titulaire, il participe également aux essais d’après-saison à Abou Dhabi. Il y effectue 62 tours au volant de la monoplace de Lewis Hamilton. Son apprentissage de la F1 ne commence donc pas à Melbourne en 2025. Lorsqu’il prend le départ de son premier Grand Prix, Antonelli possède déjà une expérience de la voiture.
Cette différence est essentielle lorsqu’on compare son parcours à celui des autres rookies de 2025. Bortoleto arrive en F1 après avoir remporté consécutivement les titres de F3 et de F2. Hadjar, lui, dispute deux saisons de F2 avant de rejoindre Racing Bulls. Bearman suit par ailleurs une progression plus classique, avec une saison de F3 puis deux campagnes de F2, même si ses remplacements en F1 accélèrent son apprentissage.
Antonelli reste quand même le seul des rookies de cette génération à avoir directement sauté la F3 FIA tout en bénéficiant d’un programme d’essais privés aussi important et surtout, avec une Top team .
Une promotion directement dans une grande écurie
En 2025, Antonelli ne débute pas en F1 dans une écurie de milieu ou de fond de grille. Mercedes décide de le titulariser aux côtés de George Russell pour remplacer Lewis Hamilton, parti chez Ferrari. À seulement 18 ans, l’Italien se retrouve donc directement dans l’une des équipes les plus prestigieuses du plateau, pour remplacer l’un des pilotes les plus titrés de l’histoire de la discipline.
La comparaison avec les autres rookies est une nouvelle fois marquée : Bortoleto a commencé chez Sauber, dans une équipe qui a préparé son arrivée sous l’identité Audi. Hadjar a rejoint Racing Bulls, tandis que Bearman a lui débuté chez Haas après avoir déjà remplacé Sainz et Magnussen lors de plusieurs Grands Prix. Ces environnements offrent aux jeunes pilotes un cadre différent pour apprendre la F1, un peu plus doux et avec moins de pression.
Antonelli, lui, a dû immédiatement composer avec les attentes liées à Mercedes et avec la comparaison permanente avec Lewis Hamilton. Son arrivée est d’autant plus observée qu’il est présenté comme l’un des grands espoirs de la filière Mercedes.
Kimi Antonelli n’a pas suivi la trajectoire la plus commune vers la Formule 1. Il a suivi celle que Mercedes a estimée la plus adaptée à son potentiel. Reste désormais à savoir si cette progression accélérée lui permettra, à terme, de franchir la dernière étape : passer du statut de grand espoir à celui de champion du monde.









