Absent du calendrier depuis 2019, le Grand Prix d’Allemagne pourrait-il retrouver sa place dans les prochaines années ? Stefano Domenicali, patron de la F1, a confirmé des premiers échanges avec Hockenheim, qui souhaite étudier un possible retour.

Après plusieurs années d’absence, l’Allemagne revient progressivement dans les discussions. Stefano Domenicali, directeur général de la Formule 1, a confirmé que des premiers contacts avaient été établis avec le circuit d’Hockenheim afin d’évaluer la possibilité d’un retour du Grand Prix d’Allemagne à moyen terme.

La dernière apparition de la F1 en Allemagne remonte à 2020, avec le Grand Prix de l’Eifel disputé au Nürburgring dans un calendrier bouleversé par le Covid-19. Mais le dernier véritable Grand Prix d’Allemagne organisé à Hockenheim reste celui de 2019, remporté par Max Verstappen.

L’Allemagne veut revenir en F1

Si le retour du Grand Prix d’Allemagne est de nouveau en discussion, c’est grâce au nouveau cycle de développement lancé par Hockenheim. Depuis l’arrivée de nouveaux investisseurs en 2024, le circuit allemand travaille sur un gros projet de modernisation estimé à environ 250 millions d’euros.

Ce programme prévoit d’ailleurs l’agrandissement du Porsche Experience Centre, la construction d’un hôtel et le développement d’un complexe dédié aux visiteurs, « Motorworld ».

Mais accueillir la Formule 1 demande, aujourd’hui, bien plus qu’un simple circuit homologué. Les exigences économiques et logistiques du championnat ont beaucoup évolué ces dernières années, avec des promoteurs capables d’investir des sommes importantes pour obtenir une place au calendrier.

Stefano Domenicali a rappelé que le projet allemand devait répondre aux nouveaux standards imposés par la discipline.

« S’ils souhaitent discuter d’un éventuel événement de F1, bien sûr, l’investissement devra être différent, car notre modèle repose sur un autre type d’investissement. » Stefano Domenicali, échange avec les médias retranscrit par Speedcafe.

Du côté d’Hockenheim, la prudence reste de mise. Le directeur général du circuit, Jorn Teske, confirme l’existence de discussions régulières avec la F1, tout en rappelant qu’aucun accord n’est encore proche.

« Nous sommes en contact régulier avec la Formule 1. Nous voulons avoir une vision complète du cadre dans lequel cela pourrait se faire, ainsi que des opportunités et des risques. » Jorn Teske, à la suite des propos de Stefano Domenicali.

Un circuit historique du calendrier F1

Avant de devenir un symbole de vitesse pure, Hockenheim a longtemps été associé aux grandes batailles de la Formule 1. Situé dans le Bade-Wurtemberg, au sud-ouest de l’Allemagne, le circuit accueille son premier Grand Prix d’Allemagne de Formule 1 en 1970 avant de devenir le rendez-vous principal du pays à partir de 1977.

À l’origine, le tracé était très différent de celui connu aujourd’hui. Hockenheim était célèbre pour ses longues lignes droites traversant la forêt, où les monoplaces roulaient à plus de 300 km/h entre deux énormes zones de freinage. Le circuit mettait alors à rude épreuve les moteurs, avec une configuration unique qui récompensait les voitures capables d’être rapides en ligne droite tout en restant efficaces dans les quelques portions techniques.

Cependant, pour des raisons de sécurité et d’évolution de la discipline, Hockenheim a beaucoup changé au début des années 2000. Le tracé a été raccourci en 2002 sous la direction de l’architecte Hermann Tilke. Les longues portions en forêt ont disparu au profit d’une piste plus compacte, davantage adaptée aux standards modernes de la Formule 1.

Le circuit actuel mesure 4,574 kilomètres et compte 17 virages. Sa particularité reste son équilibre entre grandes accélérations et passages techniques, avec notamment la zone du Motodrom.

Hockenheim ou Nürburgring ?

Pendant plusieurs décennies, l’Allemagne a possédé deux circuits capables d’accueillir la Formule 1 : Hockenheim et le Nürburgring. Cette situation a donné naissance à une alternance entre les deux circuits.

Jusqu’en 1976, le Grand Prix d’Allemagne se disputait principalement sur la mythique Nordschleife du Nürburgring. Longue de plus de 20 kilomètres, cette boucle surnommée « l’Enfer vert » était considérée comme l’un des circuits les plus exigeants au monde.

Son tracé naturel, ses nombreux changements d’altitude et son absence de marge d’erreur en faisaient un défi unique. Mais avec l’évolution des voitures de Formule 1, le circuit est progressivement devenu trop dangereux pour les monoplaces modernes. L’accident de Niki Lauda en 1976, marqué par son incendie, accélère la décision de quitter définitivement la Nordschleife.

À partir de 1977, Hockenheim devient alors le théâtre principal du Grand Prix d’Allemagne, tandis que le Nürburgring accueille également certaines épreuves sous d’autres appellations, notamment le Grand Prix d’Europe.

En 2007, une alternance officielle entre les deux circuits est mise en place. Hockenheim devait accueillir les années paires et le Nürburgring les années impaires. Mais des difficultés financières empêchent rapidement cette organisation de fonctionner durablement.

Le Nürburgring quitte finalement le calendrier après 2013, tandis qu’Hockenheim peine également à maintenir l’événement face à l’augmentation des coûts d’organisation. En 2015, puis en 2017, aucune course allemande n’est organisée en raison de l’absence d’accord économique.

Une place difficile à retrouver dans un calendrier très convoité

Même si l’intérêt autour d’un retour allemand semble renaître, Hockenheim devra faire face à une concurrence importante. La Formule 1 dispose aujourd’hui de nombreux candidats souhaitant intégrer ou réintégrer le calendrier, notamment en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.

Si le circuit possède l’histoire, les infrastructures de base et une forte identité auprès des passionnés, il faut maintenant convaincre la Formule 1 que l’Allemagne peut retrouver une place durable parmi les grandes étapes du calendrier mondial.

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Avatar de Océane Portelli

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