Auteur d’un rallye d’Arabie Saoudite sans faute, le pilote français de la Toyota décroche son neuvième titre de champion du monde WRC. Retour sur un rallye dépaysant.

Qu’il fût mouvementé ce rallye d’Arabie Saoudite. Pour la première édition de cette nouvelle épreuve au Moyen-Orient, on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en termes de revêtement. Est-on plus proche d’une épreuve avec des spéciales cassantes comme en Grèce ? Un sol mou avec d’énormes ornières comme au Kenya ? Finalement, que l’on aime ou que l’on soit dubitatif, cette épreuve aura su définir sa propre identité.

On peut cependant critiquer sa position au calendrier. Une dernière manche qui a été un véritable supplice pour les pneumatiques Hankook, avec de très (trop) nombreuses crevaisons tout au long du week-end. En effet, aucun pilote n’a échappé à une crevaison lente, une délamination du pneu ou un arrêt au bord de la route. Le deuxième problème de ce rallye en tant que manche décisive, c’est son balayage. En effet, on a vu que pour les voitures qui ouvraient la route, il était quasiment impossible d’attaquer.

Les trois constructeurs aux avant-postes

C’est donc dans ce contexte que s’élance les 12 WRC1 dans ces paysages qui ne sont pas sans rappelés ceux du Dakar. Très vite, c’est le leader du championnat du monde qui pose un genou à terre. Dès la deuxième spéciale, Sébastien Ogier, plante 13.8 secondes à son coéquipier gallois. Une attaque directe qui montre quelque chose de flagrant durant ce week-end, Evans n’a pas les épaules pour être champion du monde. Presque automatiquement derrière le Français dans toutes les spéciales. On n’a jamais vu le quadruple (maintenant quintuple) vice-champion du monde, en position de force.

Dans la bataille pour la victoire de ce rallye, trois prétendants se détachent. Sami Pajari semble avoir repris des couleurs depuis son premier podium au Japon. Le surprenant Martin Sesks arrive parfaitement à faire fonctionner sa Ford-Puma Msport et le Français Adrien Fourmaux, toujours en quête d’une victoire en WRC.

Plus régulier, c’est bien le pilote letton qui semble clôturer cette première journée de compétition en tête. Mais dans la spéciale n°6, la Ford-Puma ralentit, victime d’une délamination du pneu avant. C’est donc bien Adrien Fourmaux qui sort du jeudi soir, en tête de l’épreuve avec 5.3s d’avance sur Pajari et 8.9s sur Sesks. Dans la bataille pour le titre, Ogier est septième avec 46.2s de retard et Evans huitième à 1’22.

Fourmaux en mode Top Gun, Ravanperä… Kalle

C’est un festival de crevaisons qui attend les pilotes pour cette journée du vendredi. C’est dans la spéciale 11 qu’Evans va laisser envolé ses chances de bien figurer au général. Après seulement quelques kilomètres, le Gallois doit s’arrêter pour changer de pneu. Une mésaventure qui coûte à Evans, près d’1’40 sur Ogier.

Dans la bataille pour la victoire du rallye, c’est Ott Tanak qui va sortir son épingle du jeu. Au fil des spéciales du vendredi, le pilote Hyundai va enchaîner les chronos de références, pour se positionner à moins de 10 secondes du leader, Adrien Fourmaux, après la spéciale 12.

Mais c’est une pluie de crevaison qui vont venir animer les spéciales 13 et 14. Tanak puis Pajari perdent près d’1’30 sur Fourmaux, avant que le pilote estonien ne perde pas moins de 7 min sur une nouvelle crevaison. Fourmaux lui, perd un temps la tête de l’épreuve après s’être trompé de route, mais retrouve la tête après la dernière section chronométrée.

Fourmaux : la minute qui vaut cher

Adrien Fourmaux à rappeler à tous les fans de rallye, qu’on pouvait perdre une épreuve à cause d’un mauvais pointage. En étant arrivé une minute en avance lors d’un check point, le pilote français écope d’une minute de pénalité et se retrouve rétrogradé à la 4ᵉ position, derrière Katsuta. Une situation que n’a pas du apprécié le pilote de la Hyundai, qui est reparti le couteau entre les dents pour les trois dernières spéciales de la journée.

Dans la course au titre entre Ogier et Evans, le Super Saturday a été déterminant. Sébastien Ogier a réussi à mettre une marge de huit secondes sur Elfyn Evans. Une marge qui sera déterminante dans la Power Stage et la distribution des points de la dernière journée.

Une 17ᵉ et dernière spéciale qui aura déterminé le titre de champion du monde… pour huit dixièmes de seconde. Le Français décroche son neuvième titre de champion du monde et le premier pour son copilote, Vincent Landais.

«Quelle bataille avec Elfyn. On est un grand champion lorsqu’on a de super adversaires et ils étaient à l’attaque et à la limite jusqu’à la dernière spéciale de la saison. Bravo à toute l’équipe Toyota, je suis vraiment fier de faire partie de cette famille»
Sébastien Ogier pour Le Figaro

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