Un Grand Prix de Paris ? Voici le rêve d’Esteban Ocon qui s’est exprimé ce 1ᵉʳ aout à ce sujet. Voir la Formule 1 courir autour de l’Arc de Triomphe revient sur le devant de la scène. Si aujourd’hui cela semble impossible, plusieurs initiatives ont pourtant déjà tenté d’installer la F1 en région parisienne.

La France ne figure plus au calendrier de la Formule 1 depuis 2022, année de la dernière édition du Grand Prix de France au circuit Paul-Ricard. Depuis, plusieurs idées ont été évoquées pour permettre à la France de retrouver sa place dans le championnat du monde. Esteban Ocon, interrogé par Autosport ce 1ᵉʳ août, a relancé une idée encore plus ambitieuse : organiser un Grand Prix dans les rues de Paris.

Esteban Ocon imagine la F1 autour de l’Arc de Triomphe

Interrogé par Autosport sur le lieu où il aimerait voir revenir le Grand Prix de France, le pilote Haas a cité Paris, mais également Nice et d’autres villes du sud de la France. Sa préférence se tourne toutefois vers la capitale.

« Je pense qu’un Grand Prix de Paris serait incroyable. C’est assurément un Grand Prix dont je rêverais. Ou dans le Sud, à Nice ou ailleurs, ce serait quelque chose de spécial. »
Esteban Ocon, propos rapportés par Autosport

Le Français a même imaginé un tracé autour de l’Arc de Triomphe, en prenant l’exemple de la Formule E dans la capitale.

« Autour de l’Arc de Triomphe, ce serait génial. On pourrait faire la course sur ce revêtement, on le rendrait un peu plus dur et on verrait ce que ça donne. Ce serait vraiment incroyable. »
Esteban Ocon, cité par Autosport

Pour le pilote de 29 ans, l’organisation d’une course dans Paris ne serait pas impossible sur le principe. Il rappelle que la catégorie éléctrique a déjà organisé plusieurs courses dans la capitale.

« Je sais que la Formule E l’a déjà fait. Donc si on fait pression, c’est possible. Rien n’est impossible. C’est juste une question de volonté. J’espère que les politiciens français vont enfin m’écouter. »
Esteban Ocon, cité par Autosport

Entre 2016 et 2019, quatre EPrix de Paris ont effectivement été organisés autour des Invalides. Si cela a pu se faire pour la Formule E, Ce n’est pas encore fait pour la Formule 1, qui impose des contraintes différentes, surtout en matière de sécurité, d’infrastructures et de logistique.

Une course dans Paris, trop contraignant ?

Faire courir des monoplaces de F1 au cœur de Paris serait temporairement transformer une partie de la voirie et mettre en place des infrastructures adaptées aux exigences du championnat du monde. Le tracé devra aussi répondre aux normes de sécurité de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), et l’organisation devra régir la circulation, les transports, les accès aux riverains et l’accueil du public.

La question environnementale serait également centrale. Un Grand Prix urbain entraîne des fermetures de route, des restrictions de circulation et une grosse mobilisation logistique. Dans une ville comme Paris, où les questions de circulation et de nuisances sont déjà importantes pour les politiques publiques, un aussi gros événement aurait besoin de l’accord et du soutien des autorités. Pour le moment n’est pas encore le cas.

Autre problème à un circuit parisien: son prix. La Formule 1 fonctionne aujourd’hui avec un calendrier international très dense et sélectionne ses destinations selon plusieurs critères, dont la viabilité économique des Grands Prix et les infrastructures disponibles.

Pour le moment donc, les propos d’Esteban Ocon relèvent plus du souhait personnel. Aucune annonce officielle ne fait état d’un projet de Grand Prix de F1 organisé dans Paris. La question d’un retour du Grand Prix de France reste toutefois régulièrement remise sur la table.

Disneyland Paris avait déjà été envisagé pour accueillir la F1

L’idée d’installer la Formule 1 en région parisienne n’est pas propre au pilote Haas. À la fin des années 2000, alors que le Grand Prix de France se disputait encore à Magny-Cours, plusieurs projets avaient déjà été imaginés pour remplacer le circuit nivernais.

Parmi eux, celui imaginé à proximité de Disneyland Paris avait retenu l’attention. En 2008, un projet de circuit à Marne-la-Vallée était présenté comme l’un des dossiers les plus réalistes pour accueillir le Grand Prix de France à partir de 2010. Il était notamment porté par le groupe Lagardère et bénéficiait du soutien d’Alain Prost, qui devait jouer un rôle d’ambassadeur.

L’objectif était de créer un circuit semi-permanent à proximité du parc d’attraction. L’idée était d’utiliser les infrastructures routières existantes et de construire de nouvelles portions de piste sur des terrains situés autour du parc.

Le projet avait été présenté comme une solution permettant de rapprocher la F1 de Paris tout en bénéficiant de l’attractivité touristique de Disneyland. Selon les informations publiées à l’époque par Le Parisien, cinq projets étaient alors en concurrence pour accueillir le Grand Prix de France, dont ceux de Marne-la-Vallée, du Bourget, d’Évry, de Melun et de Sarcelles.

Un projet finalement abandonné pour des raisons financières

Malgré son potentiel, le projet de Marne-la-Vallée n’a finalement jamais abouti. Le projet nécessitait plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements et les travaux pour adapter les accès et les voiries ont dépassé le budget. Le projet a aussi connu des oppositions locales dues aux nuisances sonores, à la circulation et aux conséquences environnementales.

D’autres projets ont rencontré les mêmes difficultés. À Sarcelles, un projet baptisé « Pôle Val de France » avait été imaginé autour d’un circuit et d’un pôle technologique. Dans les Yvelines, une autre piste avait été envisagée entre Les Mureaux et Flins. Des projets à Évry et Melun avaient également été étudiés.

Aucun de ces dossiers n’a permis de faire revenir la Formule 1 en région parisienne. Le Grand Prix de France a finalement retrouvé le calendrier en 2018, au circuit Paul-Ricard, avant de disparaître de nouveau après l’édition 2022.

Paris, en théorie

L’histoire des projets montre qu’un Grand Prix de France organisé près de Paris a déjà été vraiment envisagé. Le précédent de la Formule E montre lui aussi qu’une compétition automobile internationale peut être organisée dans la capitale.

Pour autant, organiser un Grand Prix de Formule 1 autour de l’Arc de Triomphe, comme le souhaite Esteban Ocon, nécessiterait de franchir de nombreuses étapes. Le financement, la sécurité, la circulation, les infrastructures et l’accord des autorités seraient autant de conditions indispensables à la réalisation d’un tel projet.

La dernière course française reste celle disputée au circuit Paul-Ricard en 2022. Pour revoir les monoplaces dans l’Hexagone, il faudrait donc d’abord qu’un nouveau projet soit porté auprès de la Formule 1 et de la FIA, qu’il s’agisse d’un circuit permanent ou d’un tracé urbain.

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