Ce week-end, la Formule 1 retrouve le Hungaroring pour la 11e manche de la saison 2026, quelques jours avant la trêve estivale. Depuis son arrivée au calendrier, le circuit hongrois est connu pour son tracé étroit et sinueux. Mais alors, à quoi s’attendre de ce circuit avec les nouvelles voitures ?

Après Silverstone puis Spa-Francorchamps, la Formule 1 met le cap vers la Hongrie. Le Hungaroring, situé près de Budapest, est souvent surnommé le « tourniquet » en raison de ses nombreux virages et de ses courtes lignes droites. Une configuration qui demande davantage de performance dans les virages que de puissance moteur pure. Une gestion qui rend le circuit intéressant, notamment à cause des nouvelles règles techniques et du nouveau fonctionnement des monoplaces et de leur manière de gérer leur énergie.

Le Hungaroring : un circuit construit en seulement 9 mois

L’histoire du Hungaroring commence au milieu des années 1980. La Hongrie veut accueillir la Formule 1 et envisage d’ans un premier temps d’abord de réhabiliter un ancien circuit, celui de Nepliget, à Budapest. Le projet change finalement de direction avec la construction d’un nouveau tracé directement pensé pour accueillir le championnat du monde.

Les travaux débutent alors en 1985 et avancent à un rythme assez rapide. Le circuit est terminé en seulement 9 mois selon le Hungaroring, et permet alors à la première édition du Grand Prix de Hongrie de se tenir le 10 août 1986. La course entre alors dans l’histoire comme le premier Grand Prix de F1 organisé derrière le rideau de fer. En 86, c’est Nelson Piquet qui s’ impose au terme d’une bataille célèbre face à Ayrton Senna.

Depuis, le Hungaroring est resté une étape du calendrier. Malgré sa création rapide, le tracé a quand même eu le droit à ses évolutions au fil des années. La première arrive en 1989 avec la suppression d’une chicane, avant une autre transformation, plus grande celle-ci, en 2003, avec l’allongement de la ligne droite principale et des changements dans les virages 1, 12 et 14. Aujourd’hui, la piste mesure 4,381 kilomètres et compte 14 virages, pour une course disputée sur 70 tours.

Le  » Monaco sans les murs « 

Le Hungaroring a une particularité qui le distingue des autres circuits de la saison : il ne laisse pas beaucoup de place aux longues accélérations. La piste est faite de nombreux enchaînements de virages, ce qui pousse les équipes à privilégier un niveau d’appui aérodynamique assez élevé et une voiture capable de conserver une bonne vitesse dans les portions sinueuses.

Cette configuration a régulièrement valu au circuit des comparaisons avec Monaco, même si les deux tracés restent très différents.

« The lack of straights at the Hungaroring often sees it compared to a karting circuit », explique la présentation officielle de la F1

Autrement dit, l’absence de longues lignes droites donne au circuit un comportement qui rappelle davantage celui d’une piste de karting que celui des tracés rapides comme Spa-Francorchamps.

Le Hungaroring est aussi installé dans une cuvette naturelle. Cette particularité offre aux spectateurs des points de vue dégagés sur plusieurs parties du circuit, depuis les tribunes et les zones en hauteur. Elle fait aussi partie de l’identité visuelle du Grand Prix, organisé traditionnellement en plein été.

Les qualifications au centre du week-end

Comme à Monaco, avec seulement quelques possibilités de dépassement, la position sur la grille occupe une place importante au Hungaroring. Le premier virage reste le principal point de bataille après le départ, avec un gros freinage au bout de la ligne droite principale. Une fois cette occasion dépassée, les pilotes doivent souvent compter sur la stratégie et la dégradation des pneus pour gagner des positions.

Le tracé impose donc un compromis aux équipes. Il faut disposer d’une monoplace suffisamment performante dans les virages pour construire un bon chrono, mais aussi conserver une bonne vitesse dans les rares portions plus rapides. La sortie du dernier virage est d’ailleurs importante puisqu’elle détermine l’accélération vers la ligne droite principale et le premier virage, qui constitue la meilleure opportunité de dépassement du tour.

Cette difficulté à dépasser peut également ouvrir la porte à des stratégies différentes. Un arrêt aux stands bien placé ou une gestion différente des pneus peut permettre de prendre l’avantage sur une voiture plus rapide en piste, à condition de réussir à exploiter le trafic et le rythme de course.

Un nouveau défi pour les F1 de 2026

Le passage de Spa-Francorchamps au Hungaroring devrait permettre d’observer le comportement des monoplaces nouvelle génération sur deux circuits aux caractéristiques opposées : En Belgique, les longues accélérations et les portions rapides mettent en avant la vitesse de pointe et l’efficacité aérodynamique. En Hongrie, les pilotes passent beaucoup plus de temps dans les virages et disposent de moins d’occasions pour exploiter leur vitesse maximale.

Les F1 2026 doivent aussi jouer avec le mode ligne droite, ce qu’on a appelé jusqu’à présent le mode DRS (Drag Reduction System). Les monoplaces devront tenter de conserver davantage d’appui dans les virages tout en réduisant la traînée dans les lignes droites. Le Hungaroring devrait offrir 4 zones de mode ligne droite, car son tracé est plus compact.

Cette particularité pourrait rendre le week-end hongrois plus complexe à gérer qu’à Spa. Les nouvelles règles ne suppriment pas l’importance de l’efficacité aérodynamique, mais elles modifient la manière dont les équipes doivent trouver le bon équilibre entre appui et vitesse. Sur un circuit où les lignes droites sont plutôt courtes et les virages nombreux, le gain apporté par le mode ligne droite pourrait être moins gagnant que sur une piste comme Spa-Francorchamps.

La gestion de l’énergie sera donc évidemment également à surveiller. Les nouvelles monoplaces 2026 accordent une place plus importante à la partie électrique du groupe motopropulseur, ce qui oblige les pilotes et les ingénieurs à réfléchir différemment à l’utilisation de l’énergie disponible. Au Hungaroring, où les enchaînements de virages sont nombreux et les occasions de récupérer du temps assez limitées, la capacité à bien gérer cette énergie pourrait avoir une influence directe sur le rythme en course.

Une piste où le châssis pourrait reprendre l’avantage

Après deux rendez-vous où les caractéristiques des circuits ont mis en avant la vitesse et l’efficacité aérodynamique, le Hungaroring devrait davantage récompenser les voitures à l’aise dans les changements de direction et capables de créer assez d’adhérence. La puissance moteur, souvent déterminante sur les longues lignes droites, devient donc ici, moins centrale.

C’est ce qui rend ce Grand Prix intéressant dans le contexte de la saison 2026. Le circuit pourrait redistribuer les cartes entre les équipes, notamment après la victoire de Kimi Antonelli à Spa-Francorchamps et les performances récentes de Ferrari. Malgré tout, Mercedes reste quand même attendue parmi les références, tandis que McLaren et Red Bull devront tenter de limiter leurs éventuelles difficultés.

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Avatar de Océane Portelli

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