Samedi 11 juin 1955, 23ᵉ édition des 24 h du Mans, toutes les conditions étaient réunies pour une bonne course. Mais à 18 h 28 un drame survient. On revient pour vous sur cet accident qui a marqué l’histoire du sport automobile à tout jamais.
Les 24 h du Mans ont été interrompues lors de la Seconde Guerre mondiale et reprennent en 1949. Le circuit a connu d’importants travaux dus aux dégâts des bombardements avant de réaccueillir les pilotes et équipes.
Les voitures deviennent de plus en plus rapides. Même si les mesures de sécurité se développent, entre 1949 et 1955, quatre pilotes trouvent la mort. Mais l’édition de 1955 marquera à jamais les mémoires.
Que s’est-il passé pour la Mercedes ?
Après deux ans d’absence dans la Sarthe, Mercedes revient avec une toute nouvelle voiture : la Mercedes-Benz 300 SLR. Ils engagent deux voitures, la n° 19 et la n° 20.

À la fin du 35ᵉ tour, au niveau de la ligne d’arrivée, le pilote Mercedes Pierre Levegh percute l’Austin-Healey de Lance Macklin à 280 km/h. Cette collision est due au changement de direction brutal de Mike Hawthorn (qui venait de dépasser l’Austin) en décidant de rentrer aux stands à la dernière seconde. Juste derrière, Lance Macklin doit esquiver en urgence.
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Dans cette manœuvre, l’Austin perd beaucoup de vitesse, et derrière elle, la Mercedes de Pierre Levegh, arrivant à plus de 250 km/h, ne peut l’éviter. La collision devient donc inévitable.
La Mercedes s’envole et explose contre un muret. L’explosion décompose la voiture et projette des débris dans les tribunes.

Un bilan lourd
Dans l’histoire du sport automobile, on considère souvent cet accident comme le plus catastrophique. Au total on compte plus de 80 morts, dont le pilote français Pierre Levegh. On estime également entre 120 et 178 blessés.
Le 18 juin, dans un courrier destiné au préfet de la Sarthe, un commissaire de police décrit la scène :
« sol couvert de débris divers et de corps étendus, gisant disséminés ou par groupes, presque tous atteints à la tête ou à la partie supérieure du corps. Parmi les témoins et les spectateurs de cette scène, il n’y avait ni cris, ni panique mais une stupeur muette, anxieuse. »
Le moteur est retrouvé à 50 mètres de sa carrosserie, comme le réservoir et le train avant qui a atterri sous une tribune.
La fin de la course
Suite à cet accident, la course continue de son côté. Tous les débris et voitures présents sur la piste sont enlevés de la piste pour permettre aux pilotes de continuer de rouler.
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Mike Hawthorn remporte la course avec sa Jaguar Type D. À la fin de cette édition tragique, on compte 21 équipages à l’arrivée sur les 60 engagés.

L’enquête judiciaire
Le 11 juin, un avocat et un procureur se rendent sur les lieux du drame. Les magistrats estiment le nombre de morts entre 79 et 84, tandis que le nombre de blessés s’élève à environ 170.
Le procureur ouvre une enquête pour homicides et blessures involontaires. Les gendarmes ont effectué des analyses sur la voiture, le carburant et ont entendu les témoignages des personnes sur place.
Les autorités de police interrogent le pilote Mike Hawthorn. Il affirme avoir fait un signe de la main pour avertir de son freinage pour rentrer au stand. Une reconstitution est organisée au même endroit que l’accident.
Les enquêteurs retrouvent un lubrifiant d’adjonction très explosif dans le carburant de la Mercedes. Mais cette analyse ne sert à rien, car le règlement autorise ce produit.
Après plus d’un an d’enquête, un non-lieu est proclamé dans l’ordonnance. Dans celle-ci le juge explique :
« Attendu que l’information n’a pas permis d’établir qu’il y ait eu une faute de conduite ou de pilotage, ni infraction au code de la route, attendu qu’il résulte du rapport des experts que ni la structure ni les éléments constitutifs de la Mercedes n° 20 ne peuvent être incriminés ni retenus comme cause de l’accident… qu’aucune faute ne peut être imputée aux organisateurs… qu’il n’y a pas de charges suffisantes contre quiconque… vu l’article 128 du code d’instruction criminelle… ».
Les conséquences de l’accident
L’écurie allemande se retire de la course vers 2 h du matin. L’équipe prend cette décision par respect pour les victimes. Au moment de ce retrait, Mercedes avait 2 tours d’avance sur les Jaguar et menait donc les 24 h du Mans.
Les courses automobiles en Suisse sont interdites suite à ce tragique évènement. En 2018, une exception est tout de même faite pour le Grand Prix de Formule E de Zurich. Pour le reste de l’année 1955, la France, l’Allemagne (RFA), l’Espagne et la Belgique arrêtent toutes leurs compétitions automobiles.
Par la suite la sécurité des circuits automobiles sera grandement améliorée.









