Du 16 au 19 juillet, le Rallye d’Estonie réunit les meilleurs équipages du WRC à Tartu. C’est la neuvième manche de la saison. Sur ces routes de terre, les voitures dépassent régulièrement les 120 km/h. Résultat : la moindre hésitation dans les notes peut coûter très cher. On vous explique pourquoi cette épreuve met les copilotes sous la pression la plus intense du calendrier.
Le Rallye d’Estonie a rejoint le calendrier mondial en 2020. Il s’est immédiatement forgé une réputation à part. Basé à Tartu, deuxième ville du pays, il propose cette année 18 spéciales chronométrées. Au total, un peu plus de 300 km de terre attendent les équipages. Sur le papier, ça ressemble à n’importe quel autre rendez-vous du championnat. Mais sur la route, c’est une toute autre histoire. Ici, en effet, la vitesse pure compte plus que la technique. C’est justement ce qui en fait un piège redoutable pour les hommes assis à droite du volant.
Rallye d’Estonie, une épreuve où la vitesse ne laisse aucune marge d’erreur
Contrairement à des manches plus lentes et sinueuses comme celle de l’Acropole, le tracé estonien mise sur des routes larges. Elles traversent les forêts du sud du pays, ponctuées de sommets aveugles et de sauts spectaculaires. Par ailleurs, les moyennes y dépassent fréquemment les 120 km/h. Cette épreuve figure ainsi parmi les plus rapides de la saison, aux côtés du rendez-vous finlandais qui suivra deux semaines plus tard.
Cette vitesse change complètement la donne pour les navigateurs. Dans un rallye technique, en effet, une note légèrement imprécise laisse le temps au pilote de réagir. Sur les pistes baltes, en revanche, chaque dixième de seconde compte. La moindre erreur d’appréciation peut alors se transformer en sortie de route à pleine vitesse. Le Gallois Elfyn Evans, actuel leader du championnat, résume bien ce changement de rythme.
« La Grèce a été une épreuve difficile pour nous, mais nous pouvons maintenant nous tourner vers quelque chose de complètement différent, sur des routes beaucoup plus rapides en Estonie et en Finlande. Il est important de trouver un bon feeling et de préparer la voiture aussi bien que possible pour ces épreuves ».
Elfyn Evans (source: Rallye Infos)
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En Estonie, des notes qui doivent être parfaites du premier coup
En WRC, tout d’abord, les équipages ne découvrent jamais une spéciale à l’aveugle. Pendant les reconnaissances, le pilote dicte ses repères à vitesse réduite, en décrivant chaque virage, chaque bosse, chaque saut. Le copilote couche ensuite tout ça sur le papier. Il le relit en course pour guider son partenaire, presque en temps réel.
Sur ce tracé, le souci c’est que la marge de correction devient quasi nulle. En revanche, sur une épreuve plus lente, une hésitation d’une fraction de seconde peut se rattraper. Là, à plus de 120 km/h de moyenne, une note mal formulée peut envoyer la voiture directement dans le décor. Le Finlandais Esapekka Lappi, habitué des pistes scandinaves, ne dit pas autre chose.
« Si nous réussissons nos notes, le reste devrait être facile. Il est difficile de savoir exactement où nous en sommes sur la terre rapide ».
Esapekka Lappi (source Rallye Infos)
À cela s’ajoute une autre difficulté bien connue des habitués de cette manche. Les spéciales sont généralement lisses au premier passage, mais deviennent nettement plus ornières et imprévisibles au second. Le copilote doit alors parfois ajuster ses annotations entre les deux tours, en pleine course, sans perdre le fil. Le copilote doit alors parfois ajuster ses annotations entre les deux tours, en pleine course, sans perdre le fil.
Le Rallye d’Estonie, une réputation qui attire les foules et les pilotes du cru
Malgré cette difficulté, ou peut-être grâce à elle, le Rallye d’Estonie est devenu très apprécié des fans. Son organisation soignée et ses spéciales spectaculaires attirent en effet du monde en bord de route. Kalle Rovanperä y avait d’ailleurs signé sa première victoire mondiale en 2021. Quant à l’Estonien local Ott Tänak, il reste une référence sur ces routes qu’il connaît par cœur.
Pour cette neuvième manche, onze voitures Rally1 sont engagées. Toyota aligne notamment cinq équipages autour du nonuple champion du monde Sébastien Ogier, de retour sur cette épreuve après cinq ans d’absence. Face à lui, Hyundai mise sur son trio Thierry Neuville, Adrien Fourmaux et Esapekka Lappi. De son côté, M Sport Ford complète le plateau avec Jon Armstrong, Josh McErlean et l’Estonien Martins Sesks, qui roulera lui à domicile.
Le facteur météo, ennemi supplémentaire des équipages en Estonie
Autre paramètre à surveiller de près, le climat. L’été estonien est généralement chaud et sec. Mais des averses soudaines peuvent transformer ces routes ultra rapides en piège glissant, en quelques minutes seulement. C’est d’ailleurs un scénario redouté par tous les équipages. Il oblige alors pilote et copilote à revoir leur trajectoire et leur rythme en pleine spéciale, sans possibilité de nouvelle reconnaissance.
Entre vitesses extrêmes, notes qui ne pardonnent rien et conditions parfois changeantes, la recette du Rallye d’Estonie est explosive. On comprend ainsi mieux pourquoi cette manche continue d’intimider même les navigateurs les plus expérimentés du plateau.









