La Formule 1 a pris un tournant radical concernant son règlement moteur en 2026. Le MGU-H, acteur clé de la récupération d’énergie en place depuis 2014, s’efface totalement au seul détriment du MGU-K. Une innovation qui change complètement la manière de piloter. Désormais plus de gestion d’énergie et moins de course pure. Pourtant certains évoquent un retour du V8 en F1.

La nouvelle réglementation de Formule 1 vient tout juste d’arriver et des critiques apparaissent déjà. En cause, la nouvelle répartition 50 % thermique et 50 % électrique. Le quadruple champion du monde Max Verstappen a déjà exprimé son mécontentement à l’issue des essais hivernaux. Il qualifie les monoplaces de « Formule E sous stéroïdes« . Charles Leclerc, lors du Grand Prix de Chine, s’est amusé à comparer les nouveaux modes de dépassements aux champignons dans Mario Kart. La complexité des blocs moteurs et de son utilisation en course reste donc encore à apprivoiser. Mais cet éloignement de l’esprit pur du pilotage fait penser à un retour probable du V8 en F1 délaissé en 2014.

La disparition du V8

Le passage du moteur V8 au V6 effectué en 2014 s’inscrit dans la volonté d’hybridation de la F1. Un moteur qui consomme moins avec un rendement thermique supérieur à 50%. C’est-à-dire que le moteur utilise plus de la moitié de son carburant pour faire fonctionner la voiture. Contrairement au V8 qui n’utilisait pas plus de 30%. Un moteur désormais hybride équipé d’un MGU-H, permettant de transformer les gaz chauds expulsés en énergie électrique. Seul bémol, le bruit, désormais étouffé. L’ajout du turbocompresseur additionné au moteur qui monte moins dans les tours réduit le bruit des monoplaces. Ce qui faisait partie intégrante du spectacle de la F1 est désormais mis de côté.

Ce n’est pas le bruit qui m’horrifie, c’est au contraire le manque de bruit. Ces voitures ne font pas le bruit de voitures de course. J’en ai parlé lundi avec Jean Todt (le président de la FIA en 2014) pour savoir s’il y avait un moyen de changer ça. Je ne sais pas si c’est possible mais il faut voir. Il ne faut pas attendre toute la saison, ce sera trop tard. »

Bernie Ecclestone, PDG de la Formule 1 en 2014 via Reuters

Un retour envisagé ?

En juillet dernier, le président de la FIA affirmait que « pour nous, le retour du V8 est en marche avec les équipes actuellement, je suis très optimiste et satisfait à ce sujet. » Mohammed Ben Sulayem, avait déjà prévu d’organiser une réunion sur le sujet en septembre dernier avant de l’annuler, faute de soutien de quelques écuries comme Honda ou Audi par exemple.

Un point central de cet enjeu : le biocarburant. Effectivement, si les monoplaces venaient à pouvoir rouler avec un carburant biologique, alors l’aspect « écologique » ne serait plus en faveur de l’électrification.

L’objectif affiché à terme est de réduire de 50% les coûts de production. En revenant aux moteurs V8, certaines écuries pourraient réduire leurs dépenses étant donné que celles-ci en commercialisent déjà, réduisant ainsi les coûts de R&D (recherche et développement). Autre point positif, un retour possible de la sonorité du moteur V8, disparu depuis 12 ans.

« Je suis ravi de voir que le soutien à cette voie est aussi important. L’hybridation couplée à un V8, voilà ce que je considère être la prochaine étape inévitable de notre discipline. »

Stéfano Domenicali, président de Formula 1

Quels changements par rapport aux précédents moteurs ?

Le retour du moteur V8 serait accompagné d’un carburant 100% durable. Contrairement à la période avant 2014 ou un carburant entièrement fossile était utilisé. Cette fois-ci, un moteur hybride est mis en place avec 10% d’énergie électrique, à la manière du KERS utilisé à l’époque. Ce qui contrasterait avec les moteurs d’aujourd’hui fonctionnant à 50% grâce à l’énergie électrique. Avec un système moteur simplifié, le poids total pourrait être réduit d’environ 80kg.

À ce jour, aucune réunion n’est encore reprogrammée pour reparler de la réintroduction du V8 en Formule 1. Mais les déclarations convergent vers un retour probable du moteur huit cylindres.

Nous partageons tous l’objectif d’avoir la meilleure et la plus spectaculaire réglementation possible pour attirer l’intérêt des fansAu final, le V8 était le meilleur consensus et comprenait un moteur à aspiration naturelle (à haut régime) avec un système de récupération d’énergie qui reste un facteur de différenciation en termes de performances. Et tout cela est assez compatible avec un carburant durable.

Toto Wolff, Team Principal de Mercedes, à propos des règlementations moteur de 2030, via Motorsport.

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Avatar de Raphaël Terron

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